Présentation, mise en forme du manuscrit et lettre d’accompagnement

Toi aussi, tu veux être édité. Et c’est possible. A condition d’avoir un manuscrit qui tient la route.

Commençons par le commencement : le manuscrit.

Au commencement était le verbe, et le verbe était Dieu.

Cette formule biblique s’applique au monde de l’édition : sachez que tous vos espoirs, toute votre capacité à être édité et à devenir un écrivain « rémunéré », sont contenus dans votre manuscrit.

Dans la fabuleuse cosmogonie politico-mondaine de l’édition, Dieu, c’est le manuscrit.

Votre petite personne n’a aucune importance là-dedans, comme vous allez très vite vous en rendre compte.

Avant d’envoyer votre manuscrit à des éditeurs… relisez-le plusieurs fois à voix haute. Cela permet d’entendre les mauvaises tournures, de repérer les fautes de frappe, les répétitions, les phrases trop longues et de revoir votre ponctuation.

Pleins de trucs pour améliorer son manuscrit : sur ce lien !

La mode est aux phrases courtes – sujet, verbe, complément – mais si vous êtes inspiré par quelques mânes proustiennes, ma foi, rien ne vous empêche d’aller à contre-courant. Pour un premier roman, j’éviterais cependant les phrases étalées sur dix lignes.

A éliminer : les connecteurs « ainsi », « c’est pourquoi », « par ailleurs », « par conséquent », « donc ». Oui je sais pour « donc », c’est dur. Mais essayez d’en enlever un maximum. Les éditeurs détestent le « style scolaire ».

 

Moins votre manuscrit sera mal orthographié, plus il aura de chances d’être lu.

Faites un gros effort là-dessus, ça paiera. Les joies du dictionnaire et de ses pages « grammaire, accords, concordances, genre, pluriels » s’ouvrent à vous !

En outre, vous enrichissez votre culture de la langue française ! N’est-ce pas magnifique ?

Admettons que vous ayez relu votre manuscrit à voix haute…. cinq ou six fois minimum… et que vous ayez travaillé l’orthographe et la grammaire.

Il est désormais temps de mettre en page votre manuscrit.

Pas d’autre format qu’un classique 21 x 29,7.

Choisissez une police d’écriture simple. Sans déconner, j’ai déjà vu des manuscrits en police Comic. Franchement, c’est la honte. Rabattez-vous sur Times New Roman ou Arial, bref, n’importe quoi de passe partout. Les polices ronflantes du genre Bookman Old Style, on évite aussi.

La taille de la police est au minimum de douze.

Vous placez un interligne double.

Les alinéas ? On s’en fout.

Les pages seront numérotées.

Sur la couverture, figureront le nom de l’auteur (le vrai, pas un pseudonyme, le pseudonyme c’est quand on signe un contrat d’édition qu’on le choisit ! Sauf si vous vous appelez Ben Laden et que vous voulez faire paraître le grand roman bucolique champêtre sur lequel vous avez bossé des années durant dans l’ennui de votre bunker), le titre du livre, le genre (« roman » si c’est un roman, « témoignage » si c’est un témoignage, « récit » si c’est un récit, « essai », etc…), le nombre de pages, votre adresse et votre numéro de téléphone.

Ces deux derniers points sont très importants. Ils permettront à l’éditeur de vous contacter, même s’il a perdu votre lettre d’accompagnement.

Pas d’illustration en couverture. On trouverait cela fort prétentieux !

Le manuscrit est relié. Ça coute une fortune, je sais, encore une fois. S’il n’est pas trop épais, les spirales sont plus économiques. S’il dépasse 400 pages, je crains que vous ne deviez opter pour une reliure « thermocollée ».

A ceux qui hésiteraient à dépenser 5 euros de reliure, je dois décrire le bureau d’un éditeur : le bordel monstre. T’as des bouquins de partout, des manuscrits de partout, des cendars, des mégots, des vieux emballages de Petits Lu, des épreuves, des photocopies, des fiches de lecture. Dégueulasse et sacrément foutoir. Si vous ne reliez pas votre manuscrit, une dizaine de pages échoueront sous le cendrier, tandis qu’une cinquantaine d’autres iront s’égarer entre deux maquettes de bouquins.

Maintenant que vous avez votre manuscrit tout prêt, passons à la lettre d’accompagnement.

Vous y inscrivez vos coordonnées – sans oublier le numéro de téléphone – et celles de l’éditeur si la fantaisie vous en prend.

Personnellement, j’utilisais un modèle type dont je ne changeais que la date.

En gros, ça devrait ressembler à ça :

« Messieurs,

Je vous soumets mon manuscrit Le Grand roman champêtre, un roman d’amour.

Âgé de de cinquante-trois ans, je réside en Afghanistan où je pratique la spéléologie scientifique. Je reste malgré tout joignable par Internet et par téléphone.

J’attends avec impatience tout avis ou conseil de votre part.

Vous souhaitant bonne lecture,

Veuillez recevoir, Messieurs, mes sincères salutations.

Oussamo Bonladon »

Si, comme Oussamo, vous souhaitez parler un peu de vous, deux lignes suffiront amplement.

Vous pouvez résumer l’histoire de votre roman. Là encore, deux à cinq lignes feront l’affaire.

Chose à ne pas faire (car pure perte de temps ) :

«Je vous soumets mon manuscrit Le Grand roman champêtre, un roman d’amour.

Calfeutré, hélas, dans quelque excavation malsaine et souterraine depuis plusieurs années, ce roman a été un véritable défouloir pour une imagination stimulée par l’enfermement. La narration est volontairement provocatrice, puisque j’utilise quatre narrateurs omniscients qui sont : Dieu, la Chèvre de Monsieur Seguin (le politicien), Toad de Super Mario Kart et moi-même. Mes influences littéraires se situent à la marge de tout ce qui se fait actuellement : mon modèle est Céline (la serveuse chez McDonald, pas l’écrivain), quant au style, je me réfère volontiers à Enid Blyton. Par ailleurs, j’ai appris à écrire auprès de Monsieur Philip Roth de l’université de Harvard où j’ai… »

Ce genre de tirade part souvent d’un bon sentiment.

Autant vous dire qu’elle ne sert à rien. On ne la lira pas, sinon pour en rire, même si elle est très bien écrite et sincère.

Les compliments, flatteries, ne me semblent pas indispensables… Même s’ils sont sincères…

Les précisions du genre « J’ai participé à un atelier d’écriture organisé et dirigé par François Bon… » sont également à bannir.

Tous les éditeurs savent que les ateliers d’écriture animés par des écrivains le sont soit pour arrondir leur fin de mois, soit pour asseoir leur notoriété.

Si vous étiez si doué que ça, en atelier d’écriture, François Bon vous aurait recommandé de lui-même à un copain éditeur.

Alors, ne parlez pas de votre atelier d’écriture avec François Bon.

Résumons notre propos : un manuscrit relu, corrigé, bien présenté, propre et relié, et une lettre d’accompagnement concise.

Maintenant, direction le centre de photocopie local où vous dupliquez votre manuscrit et votre lettre en cinq ou six exemplaires.

C’est pas mal pour une première salve d’envois.

***

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2 thoughts on “Présentation, mise en forme du manuscrit et lettre d’accompagnement

  1. Pingback: Un éditeur pourri me propose un contrat : que faire ? | Ma vie d'auteur

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