Category Archives: Le monde de l’édition

Les pseudo contrats d’édition à compte d’éditeur (à la Harmattan)

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Camarade lecteur,
nous allons aujourd’hui aborder un point parmi les plus infâmes du monde de l’écrit : les faux éditeurs à compte d’éditeur mais en fait c’est plutôt du compte
d’auteur.

Eh oui. C’est fâcheux, mais ça est.

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J’ai mentionné le nom de l’éditeur le plus célèbre à pratiquer cette ignominie dans le titre de mon article et ne le répéterai pas (pour des raisons juridiques évidentes, car on ne peut plus s’exprimer dans ce pays c’est une honte).

Appelons donc cet éditeur : le Toto.

Un lecteur de ce blog m’a alarmé sur le Toto et sa nocivité potentielle auprès des auteurs aspirant à l’édition. J’ai ensuite pu me procurer, très facilement, le « contrat d’édition » que propose le Toto aux pauvres gens qu’il compte dévorer tout cru (un vrai Stoni en mode infiltré !!).

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Ami lecteur, comme tout bon écrivain non édité que tu es, tu cherches une maison pour faire imprimer ta prose.

Et comme souvent, tu envoies ton roman (ou tes poésies, ou ton essai) à un soi-disant éditeur à compte d’éditeur : le Toto.

Étonnamment, tu reçois très vite une réponse et elle est positive. Tu es super content !

Sauf que.

Sauf que voilà, c’est, une fois de plus, une super arnaque.

Bienvenue dans le monde terrifiant de l’édition à compte d’éditeur mais c’est pas non plus du compte d’éditeur, en fait c’est plutôt du compte d’auteur.

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Mettons les points sur les i, puisque nous sommes dans le domaine de l’écriture.

Chez le Toto, le fonctionnement est simple.

Le Toto ne te donne pas d’à-valoir.

Cela dit, le Toto ne te demande pas non plus du fric pour « financer les frais d’édition » de ton roman – donc ce ne serait pas de l’édition à compte d’auteur.

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Comme le Toto est finaud, il prétend « jouer un rôle important dans l’édition française » avec une place envieuse dans le classement des éditeurs par chiffre d’affaires (bon, il est pas dans le Top 50 non plus, mais toi tu te dis, c’est pas mal quand même). Le Toto possèderait des dizaines de milliers de titres dans son « catalogue ». Tu es tout
impressionné.

Le Toto s’enorgueillit également d’avoir édité les premières œuvres de maints auteurs ultra connus. Déjà, si le Toto n’a édité que « les premières œuvres » de ces dits auteurs ultra connus, ça devrait te mettre la puce à l’oreille, mais passons.

Le Toto possède même ses propres librairies, un truc de ouf.

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Alors toi tu te dis, putain, mais c’est le contrat du siècle !

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Mais quelle est la réalité, derrière ce mirage ?

La voici. Le Toto est surtout connu pour être l’éditeur des universitaires qui voudraient bien faire publier leurs travaux (mémoires, thèses, ouvrages divers et variés) mais qui ne peuvent pas passer par un éditeur professionnel. De ce fait, ces gens-là éditent chez le Toto.

Le problème, c’est que le Toto ne se limite pas « aux sciences humaines » (soit, le mémoire de Master I de Julien Dupont sur la métempsychose au IIIème siècle avant JC), mais qu’il souhaite aussi « faire de la littérature » (soit, cramer vos droits sur votre œuvre jusqu’à la fin de votre vie).

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Comme d’habitude, j’explique tout.

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Chez le
Toto, c’est toi qui te tapes tout le boulot !

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Problème n° 1 :
tu vas à la Fnac et y’a pas un seul livre du Toto en rayon. Bizarre…

Problème n° 2 :
le Toto t’envoie très vite un contrat d’édition (chose super étrange, mais tu ne le réalises pas encore). Le courrier d’accompagnement commence bien :

« Nous avons le plaisir de vous informer que le manuscrit que vous nous avez envoyé a été retenu pour la publication dans la collection : roman érotique. »

Ouh là là, t’es jouasse !

Le courrier poursuit :

« Nous vous invitons maintenant à nous fournir votre document sous la forme d’un prêt-à-clicher, c’est-à-dire une mise en page de votre ouvrage selon les normes
fournies ci-contre. 
»

Diantre, mais de quoi s’agit-il donc ? Comme tu n’y connais rien au monde de l’édition, tu crois que c’est normal.

Alors tu découvres quatre pages intitulées « CONSEILS PRATIQUES AUX AUTEURS POUR L’ELABORATION D’UN PRET-A-CLICHER ».

En gros, les mecs te demandent de faire toi-même la correction, la mise en page, bref, tout le travail éditorial que doit normalement faire un éditeur.

Tout est prévu.
Le format de la page au millimètre près, la pagination, les pages de garde, la mise en forme du texte (avec la police, les règles de ponctuation), les notes, la couverture, la quatrième de
couverture, etc.

Mais toi, camarade auteur, tu n’es ni correcteur ni préparateur éditorial. La correction et la prépa, c’est un véritable métier qui ne s’apprend pas comme ça.

Dans un cadre normal d’édition, c’est à l’éditeur de faire accomplir ce boulot par des spécialistes.

Et là, tu dois le faire tout seul.

Le bouquet, c’est que le Toto te propose bien de le faire lui-même mais monnayant rémunération !

« Un test orthographique et typographique (sur une dizaine de pages) est effectué par nos soins sur chaque prêt-à-clicher. Lorsqu’une relecture complète du document est jugée nécessaire, celle-ci est à la charge de l’auteur (une possibilité de relecture par le Toto est possible sur devis). »

Sur devis ?
Putain les gars c’est des garagistes ma parole !

Le pire reste encore à venir.

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Chez le
Toto, tu dois acheter 50 exemplaires de ton livre !

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Fête du slip !

Chez un éditeur sérieux, professionnel et normal, on te donne gracieusement 50 livres, t’as rien à payer, c’est ce qu’on appelle les « exemplaires d’auteur ».

Mais chez le Toto, on se distingue !

Le truc est annoncé dès le courrier d’accompagnement (standardisé, bien sûr) glissé dans l’enveloppe du contrat d’édition :

« Dans des domaines particulièrement difficiles, comme notamment les secteurs littérature, poésie et théâtre, il vous sera parfois demandé de prendre en charge l’achat de 50 exemplaires de votre ouvrage avec une remise de 30 %. »

Note la remise de 30 %, quand je te disais que c’étaient de vrais garagistes ces types-là.

En page 4 du « contrat » (qui justement fait quatre pages au total, tu parles d’un contrat – un vrai contrat d’édition en fait au moins dix !), il est bel et bien stipulé :

« Achat de 50 exemplaires (-30 %) à régler en cours de fabrication. »

Sachant que le tirage initial est « 100/200 ou 300 exemplaires » (autant dire que dalle – voir mon article sur le tirage), ça va, avec cinquante ventes d’assurées par
l’auteur lui-même, le Toto ne prend pas trop de risques financiers !

Le Toto, ou comment te faire enculer en toute maestria par des prétendus éditeurs qui ne font rien d’autre, en réalité, que du compte d’auteur.

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A ce stade, camarade lecteur, retiens une bonne fois pour toutes :

UN VRAI CONTRAT D’EDITION A COMPTE D’EDITEUR N’IMPLIQUE AUCUN INVESTISSEMENT FINANCIER DE LA PART DE L’AUTEUR, QUE CE SOIT EN ARGENT
OU EN COMMANDE DE LIVRES !

Quand un auteur traite avec un vrai éditeur, c’est l’éditeur qui lui donne du fric (à-valoir) ! Et personne d’autre !

Un éditeur qui ne vous rémunère pas n’est pas un éditeur !

C’est clair ?

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Voir mon article sur un vrai contrat d’édition professionnel !

 

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Chez le Toto, t’as autant de distribution

que du compte d’auteur (c’est-à-dire aucune).

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Eh oui, le Toto se distribue lui-même, donc autant te le dire, ton roman sera (peut-être) en rayon dans les trois librairies revendiquées par le Toto à Paris, et nulle par
ailleurs : bon, en gros, ton livre sera introuvable, quoi.

Voir mon article sur l’importance de la
distribution.

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Un coup de gueule personnel de Stoni !!

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Je vais te dire un truc, camarade lecteur, les clampins du genre le Toto ou tous les éditeurs à compte d’auteur, ça me fout hors de moi.

Ces gens profitent manifestement des auteurs aspirant à l’édition et qui n’y connaissent en rien, en leur soutirant leur argent, mais cela, ce n’est pas encore le plus grave.

Ces prétendus « éditeurs », qui croient péter avec la clique germanopratine, alors qu’ils ne connaissent, eux non plus, ni rien ni personne dans le vrai milieu, te
crament ta propriété intellectuelle sur ton roman, si d’aventure tu commets l’erreur insigne de signer leurs contrats tout pourris.

Quand tu signes un contrat chez le Toto, tu cèdes (pour 0 € !!! un comble !) la propriété intellectuelle de ton œuvre.

Décodage : tu n’auras plus jamais le droit d’exploiter et de faire éditer ailleurs ton roman. Et même après ta mort, tes « ayant-droits » devront attendre 70 ans et des patates pour récupérer leurs droits.

Et ça, c’est pas rien.

Tu n’es plus propriétaire de ton texte, c’est le Toto et ses trois librairies à 2 francs dans le Quartier Latin qui l’est !

La propriété intellectuelle, c’est comme son propre corps : on ne la vend pas à n’importe qui (c’est beau ce que je dis putain).

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Par conséquent, camarade lecteur, un bon conseil :

NE SIGNE PAS CHEZ LE TOTO (ou consorts).

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L’édition numérique et l’auto-édition : solution ou arnaque ?

 

 écrivain chimpanzé

 

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Il y a peu, un lecteur m’adressait ce message.

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Cher et vénérable Stoni,

 

Je cherche depuis quelques temps à faire éditer un manuscrit, sans grand succès comme tu t’en doutes.
J’ai découvert des maisons d’édition numérique, qui proposent même, parfois, de vrais contrats à compte d’éditeur. Crois-tu que ce soit l’avenir de l’édition ? Est-ce une bonne
solution ?

 

Je tiens à préciser que je te trouve extrêmement intelligent et ton blog est le plus beau de la
terre.

 

Bien à toi,

 

Un secret admirateur

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Ha, l’édition numérique ! Un vaste sujet… qui m’inspire un court jugement
péremptoire.

 

 

Disons, pour commencer, qu’il y a deux sortes d’édition numérique. L’édition numérique à
compte d’éditeur (« à la demande ») et l’édition numérique en auto-édition. Il existe probablement des éditeurs numériques à compte d’auteur, mais cher lecteur tu as désormais compris
que l’édition à compte d’auteur devrait être interdite par la loi, et on en parle plus.

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L’édition numérique à « compte d’éditeur ».

 

L’éditeur a ouvert une structure d’édition sur le ouaib, parce que le ouaib c’est le futur
et que bientôt, pense-t-il, il n’y aura plus de livres papier mais des livres numériques que tout le monde lira sur écran ou sur des tablettes dévouées à cet effet.

L’éditeur numérique te propose vraisemblablement une édition à compte d’éditeur, ce qui
signifie : que tu n’as aucun frais à engager et qu’il est censé
te payer puisqu’il acquiert les droits de
ton texte. Ce qui signifie aussi que tu as cédé les droits sur ton texte et que celui-ci ne t’appartient plus. Comme un éditeur à compte d’éditeur classique sur papier, quoi.

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Il existe néanmoins de grosses différences.

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D’une, je ne suis pas convaincu par le livre numérique. La lecture sur écran d’ordinateur
reste, pour le commun des mortels, harassante. Les tablettes sont loin d’être totalement démocratisées. Quant à lire un bouquin sur son téléphone intelligent (type i-phone)… Dans un futur
beaucoup plus lointain, oui, c’est possible, le livre numérique sera la norme. Mais pour l’instant, ça ne l’est pas, et être édité sur internet revient, à mes yeux, à purement et simplement se ghettoïser à fond du ballon.

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Un éditeur numérique distribue des livres dématérialisés. Parfois, il propose de les
imprimer aux clients qui souhaitent un format papier. Dans ce cas-là, il n’empêche qu’il demeure un souci primordial : le livre n’est pas présent en librairie. Et là, l’auteur est tout de même un peu beaucoup lésé.

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Je ne sais pas si tu as compris, camarade auteur, mais c’est la présence en librairie qui fait l’écrivain, en France et en 2012. Si tu es visionnaire et que tu veux anticiper les méthodes du futur, va te faire éditer dans le monde virtuel, c’est comme tu veux. Mais moi, je suis le genre de mec qui vit dans l’instant présent. Tu veux être un écrivain qui part avec le maximum de chances d’exister
un tant soi peu dans l’univers de l’édition ? Fais-toi éditer par un éditeur bien représenté en librairie. C’est-à-dire un éditeur
bien diffusé. Y’a pas de mystère. Y’a pas
de secret. C’est ainsi.

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Un éditeur numérique ne bénéficie d’aucun circuit de distribution. Son truc,
justement, c’est qu’il ne distribue pas en librairie. Mais sur internet. Ton livre sera donc une URL parmi des centaines de milliards d’URL.

Certes, en librairie, ton livre sera un titre parmi les 700 de la rentrée littéraire. Fais
tout de même tes comptes : 700 contre 700 milliards, choisis ton camp, camarade.

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Tu auras saisi que je suis extrêmement sceptique vis-à-vis de l’édition numérique et je te déconseille vivement de signer avec l’une de ces boîtes. Les maisons d’édition numérique n’ont aucun avenir et aucune importance dans le monde de l’édition. D’ailleurs, je pense que ce genre de structures sont créées par des mecs qui se piquent d’une lubie « je veux être éditeur moi aussi », mais qui n’ont pas l’apport financier, ni l’apport professionnel, pour fonder une entité viable et sérieuse. Tu vois un peu le
tableau.

Le chiffre d’affaires d’une maison d’édition numérique doit plafonner autour de 10 à 100 € par mois, aussi je te laisse présager le montant de l’à-valoir qu’on te proposera, si
toutefois on t’en propose un…

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Or, les maisons d’édition numérique savent tromper leur cible : les jeunes auteurs
inexpérimentés et influençables. Sur leur site ouaib, ces éditeurs mettent souvent en avant des textes signés par des écrivains assez célèbres. L’auteur inexpérimenté est impressionné :
tiens, s’ils publient ce gars-là, c’est que ça n’est pas trop mal !

Hélas, j’ai vu ce processus depuis l’intérieur. Les éditeurs numériques approchent des
écrivains un peu réputés et leur tiennent un discours pseudo militant à deux euros cinquante : « donnez-moi un texte pour que je le publie, vous aiderez les circuits indépendants et
vous passerez pour un mec vachement sympa 
». Les écrivains sont des êtres sensibles à la flatterie. Ils aiment passer pour des mecs vachement sympas. Donc ils lâchent gratos une
nouvelle, un récit court, une connerie, à l’éditeur numérique qui en fait ses choux gras. Les textes d’auteurs réputés publiés de la sorte sont : soit des trucs impubliables chez leurs
éditeurs classiques, soit des trucs pourris que tout le monde leur a refusés. Sans déconner. Ne te laisse pas impressionner par ces viles manœuvres.

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Autre constante des éditeurs numériques : leurs couvertures « virtuelles »
sont soignées, ce qui concourt également à influencer l’auteur inexpérimenté. Les livres sont jolis, ça a l’air sérieux… Oui, les livres sont toujours jolis quand on exploite un
stagiaire graphiste non rémunéré. Ne te base pas sur ce critère-là…

 

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Lire cet article du blogueur Ludovic Mir pour connaître un autre avis
éclairé.

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Finalement, l’édition numérique fait assez penser à l’édition à compte d’éditeur sans
distribution ni débouché : voir
l’article sur l’Harmattan et celui sur les éditeurs
pourris
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L’édition numérique en auto-édition.

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En gros, tu confies ton texte à un éditeur numérique qui s’occupe de fabriquer ton
bouquin en format numérique ou papier, lorsque des lecteurs en passent la commande. Mais tu conserves tes droits sur ton œuvre.

 

Là aussi, l’auto-édition ne bénéficie d’aucun réseau de distribution. En choisissant cette
formule, tu as certes la possibilité de vendre ton bouquin autour de toi, mais tu ne seras pas présent en librairie ni nulle part – sauf si tu es allé toi-même démarcher une
librairie.

C’est un choix que font nombre de jeunes auteurs aujourd’hui. Si tu te sens l’âme d’un
commercial…

Je serai honnête. Se faire connaître de la sorte me semble presque
impossible.
Ensuite, cela dépend de tes motivations d’auteur. Si tu cherches à proposer un joli bouquin à ton entourage, bien relié, bien fait, et que tes ambitions s’arrêtent là,
pourquoi pas.

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Faire sa propre publicité et sa propre diffusion est une sacrée affaire. Dans un cadre
éditorial classique, ces deux domaines sont d’ailleurs gérés par des personnes dont c’est le métier.

Sache que même un attaché de presse qui bosse pour Gallimard aura du mal à faire connaître
un primo-romancier dépucelé chez la Blanche. Alors imagine un peu le boulot.

A toi de voir…

 .

Tu trouveras un autre discours sur l’auto-édition et beaucoup plus d’informations à ce sujet toujours chez le blogueur Ludovic Mir.

 

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Editeurs : qui fait quoi ? (les lignes éditoriales)

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Message reçu sur ma boîte mail d’un fidèle lecteur :

Bonjour Stoni

Je te propose un thème sur lequel je n’ai rien trouvé sur internet et qui, je crois intéresserait beaucoup de tes lecteurs, enfin qui moi m’intéresse beaucoup!
On sait vaguement que les grandes maisons d’édition Gallimard, Stock, Julliard etc.. ont des spécialités. Telle maison publie plutôt  ceci, telle autre cela…
J’ai essayé de cerner quelle étaient ces nuances, eh bien, je n’ai pas trouvé
J’imagine que c’est très nuancé, compliqué  à décrire, qu’il n’y a pas de règle etc.. mais  le fait d’essayer d’y apporter ton éclairage serait je crois vraiment utile
Crois-moi bien ton fidèle adorateur.

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Voici ma réponse,

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Mon cher fidèle adorateur,

Ce “je ne sais quoi” qui différence tel éditeur d’un autre, c’est ce qu’on appelle la ligne éditoriale.  Vaste sujet.

Ta suggestion était donc une excellente idée, qui hélas doit s’avérer irréalisable. Du moins pour ma part.

Primo, je n’ai pas le temps pour faire ça. Répertorier tous les éditeurs de littérature bien distribués-diffusés, ça me prendrait une plombe. Alors si en plus je dois cerner pour chacun le genre, la ligne éditoriale, machin truc bidule…

Deuxio, il est très difficile de cerner la ligne éditoriale d’un éditeur. Surtout des maisons qui font un peu de tout, comme Gallimard, Flammarion, etc… Ils ont une telle diversité dans leur catalogue que si je disais, par exemple (ce qui est vrai) “Gallimard est un éditeur plutôt à droite”, y’aurait forcément un exemple pour me contredire. Seul l’éditeur, ou le directeur de collection, est censé savoir exactement ce qu’est (ou ce que n’est pas) sa ligne éditoriale : en dehors, cette subtile définition échappe au commun des mortels.

Troizio, ça ne vous encouragerait pas à faire vos propres recherches, vous autres mes chers lecteurs, ce qui est un peu dommage. Quand bien même je passerais deux mois à temps plein à rédiger une liste en résumant en trois lignes la ligne éditoriale des uns et des autres, vous vous y arrêteriez sans chercher plus loin. Exemple, si j’écrivais “Gallimard c’est plutôt à droite” et que vous ayez écrit un roman sur la Commune de Paris ou autre, vous ne l’enverriez pas à cet éditeur, alors que, si ça se trouve, Gallimard aurait accepté le manuscrit. Je ne veux pas être responsable de ça.

Quatrio, ce serait bien que vous preniez le pli de faire les choses vous-mêmes. C’est un truc récurrent chez vous, tous autant que vous êtes : vous n’avez pas envie de vous casser le cul. Je comprends, moi non plus j’ai pas envie. Mais des fois, quand il faut le faire, il faut le faire. C’est votre manuscrit et croyez-moi, si vous ne vous en occupez pas, personne ne le fera à votre place. C’est l’expérience qui vous parle. Ecoutez-la, bordel de topinambour. Donc, en gros, vous devez vous-même vous rendre en librairie (ou en bibliothèque), feuilleter les dernières parutions, regarder ce qui pourrait ressembler de près ou de loin à votre oeuvre…

Un peu ce que j’explique dans l’article : “ pourquoi je ne vous donnerai pas de noms de bons éditeurs“.

Bref, bon courage et bonne chance !

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La promotion d’un livre édité : comment ça se passe ? Vais-je passer à la télé ?

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Bon, je vous dis tout de suite : la réponse est NON. Vous ne passerez pas à la télé.

Qu’est-ce que la promotion d’un roman ?

Quand vous lisez des critiques dans les journaux gratuits du métro, ou dans Libé, ou dans l’Huma, ou dans le Figaro, quand vous voyez des écrivains à l’émission La Grande Librairie, quand vous les entendez sur France Culture, quand vous voyez des affiches dans les gares, quand il y a des petites pubs pour des bouquins sur le blog de Pierre Assouline : eh bien tout ça, c’est la promotion d’un livre.

Entre auteurs, on appelle ça : « avoir de la bonne presse ».

En gros, c’est tout ce que l’éditeur va mettre en œuvre pour que l’on parle de votre roman (et, au final, pour qu’il se vende !).

Ce travail n’est pas celui de l’auteur.

Ce travail est assuré par l’éditeur, ou par son attaché de presse. Ce dernier travaille bien souvent en free-lance. Le grand éditeur bien installé disposera aussi de son propre réseau de copains journalistes et critiques, qu’il connaît, tutoie, invite à bouffer, ce genre de trucs.

Normalement, un auteur n’a pas à s’occuper de ça. Et heureusement. Nous ne sommes pas des commerciaux, ni des experts en relations publiques.

Parfois, certains auteurs ont cependant l’âme d’un commercial et sauront se débrouiller pour obtenir eux-mêmes de la presse. Si c’est votre cas, tant mieux ! Si ça ne l’est pas, ne vous stressez pas : ce n’est pas censé être votre rôle.

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A propos du « piston »…

Au vu des messages que je reçois, vous êtes très nombreux à focaliser sur l’importance du piston et des relations dans le milieu de l’édition. Je ne vais pas vous mentir : bien sûr que ça joue énormément. Un auteur journaliste, qui a plein de copains au Monde et à Libé, obtiendra plus facilement une critique que le pauvre type ouvrier qui a réussi à se faire éditer on ne sait par quel miracle. Pareil concernant le piston pour être publié. Oui, vous avez raison, le piston, ça sert.

Mais vous ne connaissez personne dans le milieu, vous n’avez pas de piston, sans quoi vous n’auriez pas besoin de lire mon blog. Voilà pourquoi je n’en parle jamais.

Sur mon blog, je suis toujours dans la perspective d’un auteur comme moi, comme vous, qui part de zéro. Les autres cas ne m’intéressent pas. Ce n’est pas mon histoire. Je ne peux pas vous raconter ce qui se passe quand « on a du piston », car je n’en sais absolument rien.

Je pense que bloquer sur le piston, c’est stérile et contre-productif. De toute façon, pour l’instant, vous n’en avez pas ! A quoi bon vous attarder là-dessus ?

Vous pouvez tout de même obtenir un peu de presse sans piston. Pas toujours, mais ça arrive. Cela a été mon cas.

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Alors oui, un premier roman d’un jeune auteur inconnu a de faibles chances d’obtenir une bonne promotion.

Autant vous le dire tout de suite : vous ne passerez pas à la télé. Vous n’aurez pas droit à des affiches dans les gares. Vous ne passerez sûrement pas non plus à la radio.

Au mieux, vous aurez une ou deux bonnes critiques dans tel journal ou tel magazine.

Et ça s’arrêtera là. Et franchement, ça sera déjà pas mal.

La taille de la maison d’édition n’a rien à voir avec sa capacité à obtenir une bonne promotion.

Ça, c’est hyper important.

Il y a des mecs qui sortent des trucs chez Fayard et qui n’auront aucun papier, nulle part.

En revanche, un bouquin paru chez un éditeur indépendant pourra faire du bruit.

Note Bene : quand je parle de petits éditeurs ou d’éditeurs indépendants je reste bien entendu dans un cadre d’édition correctement diffusée et distribuée

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En vérité, c’est une question de chance.

Les médias ne sont pas très friands des premiers romans, ni des jeunes auteurs encore peu connus. Pour les convaincre d’écrire sur vous, eh bien, je ne connais pas de recette miracle (et je n’ai pas à en connaître car, une fois encore, je vous rappelle que ce n’est pas notre métier à nous autres auteurs).

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La presse… Comment ça se passe, concrètement ?

Avant la parution du livre (je dirais entre trois mois et un mois à l’avance), votre éditeur va faire parvenir des services de presse aux médias.

J’ai déjà parlé de ces services de presse dans mon article sur les critiques blog (je vous conseille fortement de le lire si ce n’est pas déjà fait).

Un service de presse est un exemplaire du bouquin, assorti d’un dossier de presse. Ce dossier présente le livre, l’auteur, avec quelques phrases bien senties et si possible accrocheuses.

Or, les médias reçoivent des tonnes de services de presse de la part de centaines d’éditeurs.

Pour faire leur choix sur les livres qu’ils chroniqueront ou pas, eh bien, ils vont opérer une sélection proche de celle des éditeurs quand ils reçoivent votre manuscrit : ils feuillètent très vite le dossier de presse, le roman, et puis ils voient s’ils ont envie de le lire ou pas.

S’il veut le chroniquer, le média va contacter l’éditeur ou l’attaché de presse pour l’en informer.

Un bon attaché de presse relancera ces personnes, au cas où il n’y aurait pas de retour. C’est son boulot. Il est là pour harceler les gens et leur donner envie de chroniquer un livre.

La presse est très importante pour un auteur car, quand il souhaitera changer d’éditeur (ce qui ne saurait tarder dans 90 % des cas), elle constituera son « CV d’auteur ». Quand vous êtes déjà édité et que vous cherchez une autre maison, ce sont les critiques, vos interviews, enfin, votre notoriété, qui va intéresser les éditeurs.

Voici les différentes formes de presse qu’un auteur peut obtenir. Il se peut que j’en oublie.

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Les critiques sur les blogs de lecture.

Encore une fois, j’en ai déjà parlé dans cet autre article.

Je ne considère pas les critiques sur les blogs comme de la presse. Depuis quelques années, les éditeurs envoient massivement des services de presse aux blogueurs, car il s’agit de critiques faciles à obtenir. Or, leur impact sur les ventes est presque nul.

Les critiques blogs n’ont quasiment aucun intérêt pour les auteurs. Elles n’apporteront aucun vernis à votre « CV d’auteur ».

Chances d’obtenir une critique blog pour un premier roman : 100 %.

Les critiques sur les sites internet de lecture / sites internet culturels.

Encore quelque chose d’assez facile à obtenir, et peut-être légèrement plus intéressant que les critiques blogs. L’impact restera très limité et une critique de site internet n’est pas ce qu’il y a de mieux pour votre « CV d’auteur ».

Chances d’obtenir une critique internet pour un premier roman : 90 %.

La presse régionale (mais aussi la radio locale, la télé locale, etc).

Les canards locaux adorent chroniquer des auteurs du coin. Hélas, l’impact en termes de vente et de notoriété n’est pas intéressant. Peu reluisant sur un « CV d’auteur ».

Chances d’obtenir une critique presse régionale pour un premier roman : 90 %.

La presse nationale.

Là, c’est beaucoup mieux. L’impact en termes de vente sera variable, mais c’est très bien pour votre « CV d’auteur ».

Chances d’obtenir une critique / interview presse nationale pour un premier roman : 10 %.

La radio nationale.

Idem. Très bien.

Chances d’obtenir une critique / interview pour un premier roman : 10 %.

La télé nationale.

Idem. Très bien.

Chances d’obtenir une télé pour un premier roman : 1 %.

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Concernant la promotion publicitaire.

Vous n’y aurez probablement pas droit. D’ailleurs, même pour des auteurs plus expérimentés et plus réputés que vous, en littérature la publicité reste très rare.

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Je pense que vous en savez déjà pas mal pour un premier article sur la presse et la promotion.

Si vous avez des questions, n’hésitez pas. D’autres articles viendront peut-être sur le sujet.

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Retrouve ton ami Stoni sur Facebook

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Les romans édités aujourd’hui sont-ils complètement nuls, d’un point de vue littéraire ?

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Eh bien ! Voilà une question que vous, lecteurs de ce blog, avez dû me poser au bas mot deux cents quarante fois.

Cette interrogation revient sous différentes formes. Qu’est devenue la littérature de nos jours ? Un roman exigeant / intellectuel / onirique peut-il être publié en dépit du diktat du marché ? Pourquoi les éditeurs ne publient-ils que de la merde ?

Ainsi ce lecteur, la semaine dernière :

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Bonjour Stoni,

Une question qui n’a peut-être pas de réponse mais qui me paraît importante. C’est la grande “rentrée littéraire” et je suis atterré de voir le type de premiers romans qu’on nous propose. Franchement, il n’y en a pas un dans le tas que j’ai envie de lire, et ce n’est pas de la jalousie professionnelle, c’est simplement pas intéressant du tout. Des auto-fiction sur le deuil ou la sexualité, de l’auto-nombrilisme, des trucs sur la pluie, les enfants, des romans que tu te dis tout de suite que ça va te barber d’un bout à l’autre. Je ne comprends pas. Est-ce un choix délibéré des éditeurs de faire leur rentrée avec des titres aussi apparemment chiants, est-ce un choix “littéraire” ou est-ce simplement qu’ils ont trop peur de faire de la concurrence à leurs auteurs vedettes? Ils ont un death-wish ou bien ça leur assure des subventions parce que ces trucs-là, personne ne va les lire ? Perplexe suis-je….

Signé : un fidèle adorateur

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Une première chose. L’édition est un secteur culturel relativement peu subventionné, si on le compare au cinéma par exemple (pour ce que j’en connais).

De toute façon, les maisons d’édition font leur beurre sur d’autres produits que la littérature. Gallimard doit gagner bien davantage avec ses manuels scolaires qu’avec la collection blanche.

Un livre n’est pas publié, en France, à coup de subventions. Je parle bien entendu d’un cadre éditorial classique, correctement distribué. Peut-être que les petites maisons d’édition de terroir sont subventionnées par les collectivités locales : je n’en sais rien et ce n’est pas le sujet de ce blog.

Les éditeurs peuvent parfois obtenir des bourses du CNL pour une traduction, ou ce genre des trucs. Mais ça n’est pas leur principale source de financement.

Bon. C’était donc le premier point.

Maintenant, passons à la cruciale question : quid du niveau de la littérature aujourd’hui ?

Je vais vous donner mon avis personnel. Je n’ai pas prétention à en faire une vérité générale. Voici donc l’opinion de Stoni sur la qualité littéraire française en 2013.

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Mon avis : je n’en ai aucun.

Eh oui ! Ha ha ! Vous ne vous y attendiez pas à celle-là, pas vrai ?

Je n’ai aucun avis sur la qualité de la littérature française, parce que je trouve cette problématique inutile et stérile.

Les romans qui sortent, je ne les lis pas.

Je ne lis plus que des traductions, et pratiquement plus de nouveautés.

D’ailleurs je lis de moins en moins de romans.

C’est une question de goût et de préoccupations.

Ce qui est publié ne m’intéresse pas trop, et pour être honnête, je ne fais rien pour m’y intéresser à la base.

Je me fous complètement de ce qui est publié aujourd’hui. Et vous feriez peut-être mieux de suivre mon exemple.

Beaucoup d’entre vous considèrent que « aujourd’hui on ne fait plus que de la merde ». C’est peut-être vrai. Comme je vous l’ai dit, je ne lis pas les nouveautés, donc je ne peux pas vous dire si vous avez raison ou tort. Mais, quand bien même vous auriez vu juste, quel intérêt à penser de la sorte ? Vous rongez votre frein, vous êtes écœuré par ce monde matériel « qui ne publie que de la merde », et vous cultivez une frustration, un dégoût, qui ne vous fera pas grandir. Ce genre d’attitude ne mène à rien.

Si vous n’aimez pas ce qui est publié, ne vous y intéressez pas.

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Certes, je vous conseille toujours de « regarder ce que publient les éditeurs » avant d’envoyer vos romans, histoire de cibler un minimum et de sélectionner des adresses.

Toutefois, quand vous « regardez ce qui se fait » de la sorte, rien ne vous oblige à acheter les bouquins et à les lire ! Feuilletez-les, en librairie ou en bibliothèque. Regardez rapidement les chroniques sur internet.

Quand je cherchais un éditeur, je n’ai pas lu un seul roman français contemporain. En contemporain, je lisais uniquement des traductions. Par contre, je regardais un peu qui éditait du français, quel style, quel genre, voilà.

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Si vous commencez à vouloir évaluer, en termes de qualité, d’intérêt, d’exigence littéraire, ce qui est édité, vous ne vous en sortirez plus.

La production française actuelle vous plaît, vous attire, vous séduit ? Tant mieux ! Faites-vous plaisir, lisez des contemporains, ne vous privez pas.

Mais si vous avez tendance à trouver ça « chiant », ne vous forcez pas !

Après, cela ne vous empêchera pas, possiblement, d’être édité à votre tour. Et ce sera votre bouquin que les gens trouveront chiant quand il sortira !

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Retrouve ton ami Stoni sur Facebook

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Erreur n° 1 de l’auteur qui veut se faire éditer : être pressé

Non, avoir le feu au cul n’arrangera rien

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Comme tu le sais ami lecteur, nombre d’auteurs en quête de première publication échouent d’une manière ou d’une autre sur ce blog. Certains m’envoient un message pour me raconter leur expérience ou pour glaner quelque conseil (au passage : JE NE LIS PAS VOS MANUSCRITS, car, comment dire, j’ai une vie à côté du blog et je n’ai pas que ça à foutre).

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Un élément revient souvent dans ces messages : la hâte.

Salut Stoni,


J’ai 22 ans et je veux être édité d’ici un an car après je pars en Erasmus en Chine.

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Bonjour,

J’ai envoyé mon manuscrit à dix éditeurs, que des refus, que faire je suis désespéré ! Je veux être édité le plus vite possible ! Continue reading

La liste des bons distributeurs et diffuseurs

Un bon distributeur, c’est comme un chouette cadeau d’anniversaire.

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Oui, je sais ce que tu vas penser, ami lecteur.

Tu vas penser que je bloque sur les distributeurs, voire que je suis totalement obsédé par ça.

Ne lis cet article que si, auparavant, tu as lu mon billet qui explique tout bien ce que sont un distributeur et un diffuseur. Sinon tu vas rien piger.

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Je vais encore me faire des amis chez les « petits éditeurs » pourritos mal distribués… Vu le nombre de messages d’insultes qu’ils m’envoient et tout l’intérêt qu’ils me portent… A croire que je suis devenu leur cauchemar numéro un. Cela, je le dois à mon dossier spécial sur les éditeurs pourris (à lire de toute urgence si ce n’est déjà fait !). Continue reading