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Dois-je rappeler les éditeurs à qui j’ai envoyé mon manuscrit et qui ne m’ont pas répondu ?

 

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Plusieurs lecteurs m’ont déjà posé cette fatidique question. En outre, je reçois régulièrement des témoignages où de jeunes auteurs pas-encore-édités me racontent qu’ils ont appelé tel éditeur : la teneur et les conséquences de ce genre d’appel téléphonique justifient à eux seuls un article.

Récapitulons ta situation, auteur pas-encore-édité.

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Tu as envoyé pas mal de manuscrits par la poste, obéissant en cela aux recommandations de ton ami Stoni.

Ce qui est très bien.

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Hélas, les réponses – positives ou négatives – tardent à venir. Tu commences à tourner tel un ours en cage.

Et puis, un beau jour, tu craques et appelles les maisons d’édition à qui tu as adressé ta magnifique œuvre littéraire.

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Pourquoi ?

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Tu espères que la maison d’édition te dira :

  • option a : qu’ils n’ont pas encore lu ton manus mais que ça viendra (ça te rassurerait)

  • option b : qu’ils ont lu ton manus mais que ça ne le fait pas pour telle ou telle raison (ça t’aiderait à le perfectionner)

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J’ose espérer que tu n’espères pas une quelconque option c du style : l’éditeur t’annonce qu’il est rudement content que tu l’appelles – ça tombe même super bien ! – vu qu’il a adoré ton roman et qu’il souhaite te publier à la prochaine rentrée littéraire.

Parce que ça, ça n’arrivera pas. Un éditeur qui veut t’éditer te rappellera lui-même, il n’attendra pas que tu le fasses…

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Bref, toi, auteur pas-encore-édité, tu saisis ton téléphone et composes le numéro d’une des (nombreuses) maisons d’édition à qui tu as soumis ta prose.

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Voilà comment tu conçois cet appel :

– Bonjour, je suis Kenny Dupont, je vous ai envoyé mon manuscrit Le Fantôme de la lande. Vous l’avez lu ?

– Oh mais oui mon bon petit monsieur !

– Qu’en pensez-vous ?

– Excellent, excellent ! Mais vous ne maîtrisez pas encore tout à fait votre style, en outre, le personnage du fantôme n’est peut-être pas assez construit, etc, etc, etc.

Bref, une critique littéraire constructive qui va t’aider à améliorer ton manuscrit.

Ce scénario idyllique ne se produira jamais.

Voilà ce qui va se dérouler en réalité.

Toi, auteur pas-encore-édité, tu saisis ton téléphone et composes le numéro d’une des (nombreuses) maisons d’édition à qui tu as soumis ta prose.

– Allô ? (voix ronchon du stagiaire non rémunéré du moment)

– Bonjour, je suis Kenny Dupont, je vous ai envoyé mon manuscrit Le Fantôme de la lande. Vous l’avez lu ?

– Qui ça ?

– Kenny Dupont…

– Comment il s’appelle, le manuscrit ?

– Le Fantôme de la lande.

– (gros bruit de pet avec la bouche) Connais po !

– Mais je vous l’ai envoyé il y a trois mois et je me demandais si…

– Attendez !

Cinq interminables minutes de silence, puis une autre voix.

– Ouais, qu’est-ce que vous voulez, vous ?

– Bonjour, je suis Kenny Dupont… je vous ai envoyé mon manuscrit Le Fantôme de la lande… Vous l’avez lu ?

– On vous a pas répondu ?

– Euh, eh bien, non…

– Alors ça veut dire qu’on l’a pas encore lu, ou bien qu’on en veut pas.

– Mais je voudrais justement savoir si c’est l’une ou l’autre de ces possibilités, je voudrais être fixé…

– Ecoutez, si on l’a pas encore lu, et que dans six mois vous avez toujours pas de nouvelles, ça veut dire qu’on en veut pas !

– Mais vous pouvez pas me dire si vous l’avez déjà lu ou pas ?

– On reçoit trop de manuscrits, je peux pas chercher là-dedans, moi ! Vous me dérangez, monsieur. Au revoir !

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Et là, le gars te raccroche au nez.

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Wouah, quelle conversation constructive et intelligente qui va probablement t’encourager dans tes démarches éditoriales et qui, surtout, ne va certainement pas t’humilier !

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Tu connais désormais ma réponse à la question initiale : je pense que ce genre d’appel ne sert strictement à rien, n’a aucun intérêt et ne pourra que concourir à te déprimer.

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Je ne sais pas pourquoi les auteurs-pas-encore-édités se sont mis dans la tête qu’un éditeur pouvait les conseiller sur leur travail, quand bien même il ne voudrait pas du bouquin.

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« Ils refusent mon livre mais ne me disent pas POURQUOI ! »

Combien de fois ai-je lu ou entendu cette complainte ?

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Or, ce n’est pas le rôle des éditeurs ! Un éditeur cherche une certaine matière première à publier. Il se fout du reste. C’est comme une entreprise ! D’ailleurs je rappelle qu’une maison d’édition est une entreprise dont le but est de faire des bénéfices, et non pas une association caritative. Nous vivons dans un putain de système capitaliste ! Si tu veux que ça change, milite pour la révolution prolétarienne. En attendant, ne te fais pas d’illusion sur notre réalité économique ! Si un fournisseur n’est pas en mesure de donner la matière première sollicitée par une entreprise, crois-tu que cette entreprise-là va passer dix ans à expliquer au fournisseur en quoi sa production ne lui convient pas ? Non ! Un éditeur, c’est pareil ! Tu n’as rien à lui proposer qui l’intéresse ? Il s’en fout et te jette dans la poubelle de l’histoire !

Quant à la critique littéraire que tu attendais (« pourquoi j’ai refusé votre manuscrit, mon cher monsieur ? oh mais je vais vous expliquer tout cela par le menu en dix points… »), un éditeur est dans l’incapacité totale de te la donner car il n’a pas lu ton manuscrit en entier.

I.

l n’en a lu que une ou deux lignes, voire, au grand maximum un paragraphe ou une page.

Comment voulez-vous qu’il vous critique en se basant sur deux lignes ?

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J’ai expliqué le processus de « traitement » des manuscrits dans l’article Le critère de sélection des manuscrits.

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Les mecs ouvrent votre manus au hasard, en lisent deux lignes et se font leur idée.

C’est avec ces deux lignes qu’ils vont juger si ton roman a éventuellement sa place ou non dans leur collection. POINT A LA LIGNE. FIN DU DEBAT.

Je vous invite à relire l’article Le critère de sélection des manuscrits… pour bien vous remettre dans la tête ce point primordial de l’édition – car je ne vais pas le recopier ici.

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Si tu ne comprends pas – ou refuses de comprendre – la logique de sélection éditoriale qui règne en France, tu vas très mal vivre tes démarches pour te faire publier, car tu te butteras immanquablement à un mur.

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Au cas où un éditeur aurait entièrement lu ton bouquin (ou une bonne partie), qu’il ne le trouverait pas trop mauvais, et qu’il aurait envie de te le dire, IL LE FERA DE LUI-MÊME. Il t’enverra un petit mot   disant « pas mal pas mal ! ». Voilà ! Ca aussi, je l’explique dans l’article Le critère de sélection

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Donc, je le répète s’il le fallait encore : n’appelle pas les éditeurs à qui tu as envoyé ton manuscrit.

A moins que tu ne sois maso, que tu aimes souffrir et être humilié, et que tu apprécies d’être remballé par un stagiaire sous-payé. Chacun son truc, hein.

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Toi aussi, raconte ta life à Stoni

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Les corrections et modifications demandées par l’éditeur (ou : travail de préparation éditoriale)

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Pour changer, parlons un peu de préparation éditoriale.

La préparation éditoriale concerne tout ce qui va se dérouler depuis la signature du contrat jusqu’à l’impression de votre bouquin.

Cette phrase comprend moult étapes qui vous feront suer sang et eau. Avec entre autres : les corrections demandées par votre éditeur.

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ATTENTION cet article concerne les ROMANS DE LITTERATURE ADULTE, dans le cadre d’un contrat d’édition à compte d’éditeur correctement distribué. Cela ne s’applique pas à la littérature jeunesse, ni à l’édition numérique, ni aux livres de cuisine ni à je ne sais quoi encore, COMME TOUT CE QUI SE TROUVE SUR MON BLOG…

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Lorsque vous avez signé un contrat d’édition, votre manuscrit va subir deux types de corrections.

1 : Les corrections, ou plutôt les modifications, demandées par votre éditeur, qui vont surtout viser le fond, le style, la structure du roman…

2 : Les corrections apportées par un correcteur professionnel qui vont être purement liées à la langue française.

J’ai déjà traité le deuxième type de corrections dans mon article sur l’orthographe.

Aujourd’hui nous nous concentrerons donc sur les corrections demandées par votre éditeur.

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Quand vous signez un contrat d’édition, je dirais que vous avez neuf chances sur dix pour que votre éditeur vous demande de changer des trucs dans votre texte.

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Mais quoi au juste ?

Ce qu’il va vous demander peut passer du simple au double, au triple, au quintuple.

Votre éditeur peut vous demander de changer le titre du roman. De modifier le dénouement.

De réécrire le texte avec un narrateur omniscient.

Bref, vraiment, ça peut être tout et n’importe quoi, et ça peut être très peu comme beaucoup.

Pourquoi ces modifications ?

J’ai déjà expliqué dans plusieurs articles que tout éditeur est fondamentalement jaloux de votre capacité à écrire des romans. Vous avez le pouvoir créateur : lui a le pouvoir financier.

Donc, trouver des défauts à votre livre lui permet de se rassurer et surtout de vous maintenir en état d’infériorité ( = vous êtes et resterez un caca, édité ou pas).

En outre, les modifications qu’il vous imposera lui promettent une certaine postérité : il aura laissé sa trace (à travers vos bouquins, mais c’est toujours mieux que rien).

Bon, ça c’était l’aspect psychologico-théorique.

En pratique, l’éditeur souhaite aussi améliorer votre texte et l’aligner sur les critères de sa collection, le rendre plus « lisible » et aussi plus « vendable ».

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Quand va-t-il me parler de ces modifications ?

S’il est un peu honnête, il le fera très tôt, dès votre premier échange téléphonique par exemple.

S’il est stupide, il attendra que vous ayez signé votre contrat pour vous en parler.

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Dois-je accepter toutes ces modifications ?

Toutes les accepter, je ne sais pas, mais les négocier, ça oui !

Sachez que, lorsqu’un éditeur vous parlera pour la première fois de votre livre, il va vous proposer un million de trucs à changer. Ça va vous faire peur. Vous allez penser : putain je dois tout réécrire !

Mais ne vous inquiétez pas : d’ici trois semaines, il aura oublié la moitié de ce qu’il vous suggère.

Il ne retiendra que les modifications qui lui tiennent vraiment à cœur.

Mon conseil sera donc le suivant.

Lorsque pour la première fois l’éditeur vous énumère toutes les modifications qu’il souhaite apporter au roman, écoutez-le et ne donnez pas votre avis.

S’il vous demande votre opinion, répondez : « il y a des choses qui peuvent en effet grandement améliorer le texte, je vais y réfléchir ».

Puis laissez-le revenir vers vous.

Vous verrez qu’il n’aura retenu que les choses auxquelles il tient vraiment.

A ce stade, je dois avouer que les « suggestions » d’un éditeur peuvent bel et bien améliorer votre texte. Tout n’est pas à jeter.

Voyez ce qu’il vous propose. Si vraiment des choses vous rebutent (changer le dénouement de tel chapitre ou du livre en lui-même, supprimer un personnage, un passage…), vous devez négocier, c’est-à-dire accepter des modifications pour pouvoir en refuser d’autres.

Il arrive que ces pourparlers soient assez violents, mais en règle générale l’éditeur connaît la règle tacite du « accepter pour refuser » et vous concèdera bien deux ou trois trucs que vous pourrez garder.

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Et si je refuse toutes ses propositions ? Que peut faire l’éditeur ?

N’oubliez jamais que, lorsque vous avez signé un contrat d’édition, rien n’est gagné tant que le roman n’est pas en librairie.

Ce que je veux dire, c’est que même si un contrat a été signé, votre éditeur a toute liberté de ne pas publier votre roman pour une raison ou pour une autre.

Ce cas de figure est prévu dans tout bon contrat qui se respecte.

Concernant les corrections et modifications, si vous ne vous mettez pas d’accord avec votre éditeur, ce dernier a parfaitement le droit de se retirer du projet. Vous récupérez vos droits (après un certain délai), vous conservez votre à-valoir, mais évidemment le roman n’est pas imprimé.

Vous devrez trouver un autre éditeur.

Vous comprendrez donc qu’il est très important d’être ouvert à des négociations.

Je ne vous dis pas de brader votre roman, de tout changer pour être absolument édité.

Mais vous devez vous préparer psychologiquement à changer deux trois trucs.

Franchement, je le répète, votre éditeur a sans doute raison concernant certaines modifications à apporter au roman, alors ne fermez pas la porte à ce qui peut vous aider à progresser dans votre métier : soit, apprendre à écrire.

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Une question ?

Envie de partager ? (ton argent, ton corps… non je déconne)

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Les pseudo contrats d’édition à compte d’éditeur (à la Harmattan)

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Camarade lecteur,
nous allons aujourd’hui aborder un point parmi les plus infâmes du monde de l’écrit : les faux éditeurs à compte d’éditeur mais en fait c’est plutôt du compte
d’auteur.

Eh oui. C’est fâcheux, mais ça est.

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J’ai mentionné le nom de l’éditeur le plus célèbre à pratiquer cette ignominie dans le titre de mon article et ne le répéterai pas (pour des raisons juridiques évidentes, car on ne peut plus s’exprimer dans ce pays c’est une honte).

Appelons donc cet éditeur : le Toto.

Un lecteur de ce blog m’a alarmé sur le Toto et sa nocivité potentielle auprès des auteurs aspirant à l’édition. J’ai ensuite pu me procurer, très facilement, le « contrat d’édition » que propose le Toto aux pauvres gens qu’il compte dévorer tout cru (un vrai Stoni en mode infiltré !!).

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Ami lecteur, comme tout bon écrivain non édité que tu es, tu cherches une maison pour faire imprimer ta prose.

Et comme souvent, tu envoies ton roman (ou tes poésies, ou ton essai) à un soi-disant éditeur à compte d’éditeur : le Toto.

Étonnamment, tu reçois très vite une réponse et elle est positive. Tu es super content !

Sauf que.

Sauf que voilà, c’est, une fois de plus, une super arnaque.

Bienvenue dans le monde terrifiant de l’édition à compte d’éditeur mais c’est pas non plus du compte d’éditeur, en fait c’est plutôt du compte d’auteur.

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Mettons les points sur les i, puisque nous sommes dans le domaine de l’écriture.

Chez le Toto, le fonctionnement est simple.

Le Toto ne te donne pas d’à-valoir.

Cela dit, le Toto ne te demande pas non plus du fric pour « financer les frais d’édition » de ton roman – donc ce ne serait pas de l’édition à compte d’auteur.

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Comme le Toto est finaud, il prétend « jouer un rôle important dans l’édition française » avec une place envieuse dans le classement des éditeurs par chiffre d’affaires (bon, il est pas dans le Top 50 non plus, mais toi tu te dis, c’est pas mal quand même). Le Toto possèderait des dizaines de milliers de titres dans son « catalogue ». Tu es tout
impressionné.

Le Toto s’enorgueillit également d’avoir édité les premières œuvres de maints auteurs ultra connus. Déjà, si le Toto n’a édité que « les premières œuvres » de ces dits auteurs ultra connus, ça devrait te mettre la puce à l’oreille, mais passons.

Le Toto possède même ses propres librairies, un truc de ouf.

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Alors toi tu te dis, putain, mais c’est le contrat du siècle !

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Mais quelle est la réalité, derrière ce mirage ?

La voici. Le Toto est surtout connu pour être l’éditeur des universitaires qui voudraient bien faire publier leurs travaux (mémoires, thèses, ouvrages divers et variés) mais qui ne peuvent pas passer par un éditeur professionnel. De ce fait, ces gens-là éditent chez le Toto.

Le problème, c’est que le Toto ne se limite pas « aux sciences humaines » (soit, le mémoire de Master I de Julien Dupont sur la métempsychose au IIIème siècle avant JC), mais qu’il souhaite aussi « faire de la littérature » (soit, cramer vos droits sur votre œuvre jusqu’à la fin de votre vie).

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Comme d’habitude, j’explique tout.

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Chez le
Toto, c’est toi qui te tapes tout le boulot !

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Problème n° 1 :
tu vas à la Fnac et y’a pas un seul livre du Toto en rayon. Bizarre…

Problème n° 2 :
le Toto t’envoie très vite un contrat d’édition (chose super étrange, mais tu ne le réalises pas encore). Le courrier d’accompagnement commence bien :

« Nous avons le plaisir de vous informer que le manuscrit que vous nous avez envoyé a été retenu pour la publication dans la collection : roman érotique. »

Ouh là là, t’es jouasse !

Le courrier poursuit :

« Nous vous invitons maintenant à nous fournir votre document sous la forme d’un prêt-à-clicher, c’est-à-dire une mise en page de votre ouvrage selon les normes
fournies ci-contre. 
»

Diantre, mais de quoi s’agit-il donc ? Comme tu n’y connais rien au monde de l’édition, tu crois que c’est normal.

Alors tu découvres quatre pages intitulées « CONSEILS PRATIQUES AUX AUTEURS POUR L’ELABORATION D’UN PRET-A-CLICHER ».

En gros, les mecs te demandent de faire toi-même la correction, la mise en page, bref, tout le travail éditorial que doit normalement faire un éditeur.

Tout est prévu.
Le format de la page au millimètre près, la pagination, les pages de garde, la mise en forme du texte (avec la police, les règles de ponctuation), les notes, la couverture, la quatrième de
couverture, etc.

Mais toi, camarade auteur, tu n’es ni correcteur ni préparateur éditorial. La correction et la prépa, c’est un véritable métier qui ne s’apprend pas comme ça.

Dans un cadre normal d’édition, c’est à l’éditeur de faire accomplir ce boulot par des spécialistes.

Et là, tu dois le faire tout seul.

Le bouquet, c’est que le Toto te propose bien de le faire lui-même mais monnayant rémunération !

« Un test orthographique et typographique (sur une dizaine de pages) est effectué par nos soins sur chaque prêt-à-clicher. Lorsqu’une relecture complète du document est jugée nécessaire, celle-ci est à la charge de l’auteur (une possibilité de relecture par le Toto est possible sur devis). »

Sur devis ?
Putain les gars c’est des garagistes ma parole !

Le pire reste encore à venir.

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Chez le
Toto, tu dois acheter 50 exemplaires de ton livre !

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Fête du slip !

Chez un éditeur sérieux, professionnel et normal, on te donne gracieusement 50 livres, t’as rien à payer, c’est ce qu’on appelle les « exemplaires d’auteur ».

Mais chez le Toto, on se distingue !

Le truc est annoncé dès le courrier d’accompagnement (standardisé, bien sûr) glissé dans l’enveloppe du contrat d’édition :

« Dans des domaines particulièrement difficiles, comme notamment les secteurs littérature, poésie et théâtre, il vous sera parfois demandé de prendre en charge l’achat de 50 exemplaires de votre ouvrage avec une remise de 30 %. »

Note la remise de 30 %, quand je te disais que c’étaient de vrais garagistes ces types-là.

En page 4 du « contrat » (qui justement fait quatre pages au total, tu parles d’un contrat – un vrai contrat d’édition en fait au moins dix !), il est bel et bien stipulé :

« Achat de 50 exemplaires (-30 %) à régler en cours de fabrication. »

Sachant que le tirage initial est « 100/200 ou 300 exemplaires » (autant dire que dalle – voir mon article sur le tirage), ça va, avec cinquante ventes d’assurées par
l’auteur lui-même, le Toto ne prend pas trop de risques financiers !

Le Toto, ou comment te faire enculer en toute maestria par des prétendus éditeurs qui ne font rien d’autre, en réalité, que du compte d’auteur.

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A ce stade, camarade lecteur, retiens une bonne fois pour toutes :

UN VRAI CONTRAT D’EDITION A COMPTE D’EDITEUR N’IMPLIQUE AUCUN INVESTISSEMENT FINANCIER DE LA PART DE L’AUTEUR, QUE CE SOIT EN ARGENT
OU EN COMMANDE DE LIVRES !

Quand un auteur traite avec un vrai éditeur, c’est l’éditeur qui lui donne du fric (à-valoir) ! Et personne d’autre !

Un éditeur qui ne vous rémunère pas n’est pas un éditeur !

C’est clair ?

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Voir mon article sur un vrai contrat d’édition professionnel !

 

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Chez le Toto, t’as autant de distribution

que du compte d’auteur (c’est-à-dire aucune).

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Eh oui, le Toto se distribue lui-même, donc autant te le dire, ton roman sera (peut-être) en rayon dans les trois librairies revendiquées par le Toto à Paris, et nulle par
ailleurs : bon, en gros, ton livre sera introuvable, quoi.

Voir mon article sur l’importance de la
distribution.

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Un coup de gueule personnel de Stoni !!

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Je vais te dire un truc, camarade lecteur, les clampins du genre le Toto ou tous les éditeurs à compte d’auteur, ça me fout hors de moi.

Ces gens profitent manifestement des auteurs aspirant à l’édition et qui n’y connaissent en rien, en leur soutirant leur argent, mais cela, ce n’est pas encore le plus grave.

Ces prétendus « éditeurs », qui croient péter avec la clique germanopratine, alors qu’ils ne connaissent, eux non plus, ni rien ni personne dans le vrai milieu, te
crament ta propriété intellectuelle sur ton roman, si d’aventure tu commets l’erreur insigne de signer leurs contrats tout pourris.

Quand tu signes un contrat chez le Toto, tu cèdes (pour 0 € !!! un comble !) la propriété intellectuelle de ton œuvre.

Décodage : tu n’auras plus jamais le droit d’exploiter et de faire éditer ailleurs ton roman. Et même après ta mort, tes « ayant-droits » devront attendre 70 ans et des patates pour récupérer leurs droits.

Et ça, c’est pas rien.

Tu n’es plus propriétaire de ton texte, c’est le Toto et ses trois librairies à 2 francs dans le Quartier Latin qui l’est !

La propriété intellectuelle, c’est comme son propre corps : on ne la vend pas à n’importe qui (c’est beau ce que je dis putain).

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Par conséquent, camarade lecteur, un bon conseil :

NE SIGNE PAS CHEZ LE TOTO (ou consorts).

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L’édition numérique et l’auto-édition : solution ou arnaque ?

 

 écrivain chimpanzé

 

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Il y a peu, un lecteur m’adressait ce message.

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Cher et vénérable Stoni,

 

Je cherche depuis quelques temps à faire éditer un manuscrit, sans grand succès comme tu t’en doutes.
J’ai découvert des maisons d’édition numérique, qui proposent même, parfois, de vrais contrats à compte d’éditeur. Crois-tu que ce soit l’avenir de l’édition ? Est-ce une bonne
solution ?

 

Je tiens à préciser que je te trouve extrêmement intelligent et ton blog est le plus beau de la
terre.

 

Bien à toi,

 

Un secret admirateur

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Ha, l’édition numérique ! Un vaste sujet… qui m’inspire un court jugement
péremptoire.

 

 

Disons, pour commencer, qu’il y a deux sortes d’édition numérique. L’édition numérique à
compte d’éditeur (« à la demande ») et l’édition numérique en auto-édition. Il existe probablement des éditeurs numériques à compte d’auteur, mais cher lecteur tu as désormais compris
que l’édition à compte d’auteur devrait être interdite par la loi, et on en parle plus.

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L’édition numérique à « compte d’éditeur ».

 

L’éditeur a ouvert une structure d’édition sur le ouaib, parce que le ouaib c’est le futur
et que bientôt, pense-t-il, il n’y aura plus de livres papier mais des livres numériques que tout le monde lira sur écran ou sur des tablettes dévouées à cet effet.

L’éditeur numérique te propose vraisemblablement une édition à compte d’éditeur, ce qui
signifie : que tu n’as aucun frais à engager et qu’il est censé
te payer puisqu’il acquiert les droits de
ton texte. Ce qui signifie aussi que tu as cédé les droits sur ton texte et que celui-ci ne t’appartient plus. Comme un éditeur à compte d’éditeur classique sur papier, quoi.

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Il existe néanmoins de grosses différences.

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D’une, je ne suis pas convaincu par le livre numérique. La lecture sur écran d’ordinateur
reste, pour le commun des mortels, harassante. Les tablettes sont loin d’être totalement démocratisées. Quant à lire un bouquin sur son téléphone intelligent (type i-phone)… Dans un futur
beaucoup plus lointain, oui, c’est possible, le livre numérique sera la norme. Mais pour l’instant, ça ne l’est pas, et être édité sur internet revient, à mes yeux, à purement et simplement se ghettoïser à fond du ballon.

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Un éditeur numérique distribue des livres dématérialisés. Parfois, il propose de les
imprimer aux clients qui souhaitent un format papier. Dans ce cas-là, il n’empêche qu’il demeure un souci primordial : le livre n’est pas présent en librairie. Et là, l’auteur est tout de même un peu beaucoup lésé.

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Je ne sais pas si tu as compris, camarade auteur, mais c’est la présence en librairie qui fait l’écrivain, en France et en 2012. Si tu es visionnaire et que tu veux anticiper les méthodes du futur, va te faire éditer dans le monde virtuel, c’est comme tu veux. Mais moi, je suis le genre de mec qui vit dans l’instant présent. Tu veux être un écrivain qui part avec le maximum de chances d’exister
un tant soi peu dans l’univers de l’édition ? Fais-toi éditer par un éditeur bien représenté en librairie. C’est-à-dire un éditeur
bien diffusé. Y’a pas de mystère. Y’a pas
de secret. C’est ainsi.

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Un éditeur numérique ne bénéficie d’aucun circuit de distribution. Son truc,
justement, c’est qu’il ne distribue pas en librairie. Mais sur internet. Ton livre sera donc une URL parmi des centaines de milliards d’URL.

Certes, en librairie, ton livre sera un titre parmi les 700 de la rentrée littéraire. Fais
tout de même tes comptes : 700 contre 700 milliards, choisis ton camp, camarade.

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Tu auras saisi que je suis extrêmement sceptique vis-à-vis de l’édition numérique et je te déconseille vivement de signer avec l’une de ces boîtes. Les maisons d’édition numérique n’ont aucun avenir et aucune importance dans le monde de l’édition. D’ailleurs, je pense que ce genre de structures sont créées par des mecs qui se piquent d’une lubie « je veux être éditeur moi aussi », mais qui n’ont pas l’apport financier, ni l’apport professionnel, pour fonder une entité viable et sérieuse. Tu vois un peu le
tableau.

Le chiffre d’affaires d’une maison d’édition numérique doit plafonner autour de 10 à 100 € par mois, aussi je te laisse présager le montant de l’à-valoir qu’on te proposera, si
toutefois on t’en propose un…

 .

Or, les maisons d’édition numérique savent tromper leur cible : les jeunes auteurs
inexpérimentés et influençables. Sur leur site ouaib, ces éditeurs mettent souvent en avant des textes signés par des écrivains assez célèbres. L’auteur inexpérimenté est impressionné :
tiens, s’ils publient ce gars-là, c’est que ça n’est pas trop mal !

Hélas, j’ai vu ce processus depuis l’intérieur. Les éditeurs numériques approchent des
écrivains un peu réputés et leur tiennent un discours pseudo militant à deux euros cinquante : « donnez-moi un texte pour que je le publie, vous aiderez les circuits indépendants et
vous passerez pour un mec vachement sympa 
». Les écrivains sont des êtres sensibles à la flatterie. Ils aiment passer pour des mecs vachement sympas. Donc ils lâchent gratos une
nouvelle, un récit court, une connerie, à l’éditeur numérique qui en fait ses choux gras. Les textes d’auteurs réputés publiés de la sorte sont : soit des trucs impubliables chez leurs
éditeurs classiques, soit des trucs pourris que tout le monde leur a refusés. Sans déconner. Ne te laisse pas impressionner par ces viles manœuvres.

 .

Autre constante des éditeurs numériques : leurs couvertures « virtuelles »
sont soignées, ce qui concourt également à influencer l’auteur inexpérimenté. Les livres sont jolis, ça a l’air sérieux… Oui, les livres sont toujours jolis quand on exploite un
stagiaire graphiste non rémunéré. Ne te base pas sur ce critère-là…

 

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Lire cet article du blogueur Ludovic Mir pour connaître un autre avis
éclairé.

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Finalement, l’édition numérique fait assez penser à l’édition à compte d’éditeur sans
distribution ni débouché : voir
l’article sur l’Harmattan et celui sur les éditeurs
pourris
.

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L’édition numérique en auto-édition.

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En gros, tu confies ton texte à un éditeur numérique qui s’occupe de fabriquer ton
bouquin en format numérique ou papier, lorsque des lecteurs en passent la commande. Mais tu conserves tes droits sur ton œuvre.

 

Là aussi, l’auto-édition ne bénéficie d’aucun réseau de distribution. En choisissant cette
formule, tu as certes la possibilité de vendre ton bouquin autour de toi, mais tu ne seras pas présent en librairie ni nulle part – sauf si tu es allé toi-même démarcher une
librairie.

C’est un choix que font nombre de jeunes auteurs aujourd’hui. Si tu te sens l’âme d’un
commercial…

Je serai honnête. Se faire connaître de la sorte me semble presque
impossible.
Ensuite, cela dépend de tes motivations d’auteur. Si tu cherches à proposer un joli bouquin à ton entourage, bien relié, bien fait, et que tes ambitions s’arrêtent là,
pourquoi pas.

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Faire sa propre publicité et sa propre diffusion est une sacrée affaire. Dans un cadre
éditorial classique, ces deux domaines sont d’ailleurs gérés par des personnes dont c’est le métier.

Sache que même un attaché de presse qui bosse pour Gallimard aura du mal à faire connaître
un primo-romancier dépucelé chez la Blanche. Alors imagine un peu le boulot.

A toi de voir…

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Tu trouveras un autre discours sur l’auto-édition et beaucoup plus d’informations à ce sujet toujours chez le blogueur Ludovic Mir.

 

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déconne)

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Un éditeur pourri me propose un contrat : que faire ?

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Vous êtes des dizaines, chaque semaine, à m’écrire car vous vous retrouvez dans cette pénible situation.

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En gros, votre histoire est la suivante :

Vous avez écrit un roman.

Vous avez envoyé vos manuscrits.

Un éditeur vous a rappelé pour vous proposer un contrat.

Vous êtes tombé sur mon article « comment repérer un mauvais éditeur ».

Vous avez fait passer à l’éditeur le test « de l’éditeur pourri ».

Le résultat est malheureusement positif.

Vous êtes dépité et vous ne savez plus quoi faire.

Vous m’écrivez que vous êtes dépité et que vous ne savez plus quoi faire.

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Comment Stoni peut-il t’aider, désormais ?

J’ai envie de vous dire : tout dépend de vos motivations.

Sur mon blog, mes conseils visent des auteurs de littérature adulte qui souhaitent être édités dans un cadre classique, et exister un tant soi peu dans le monde de l’édition française.

Les auteurs attirés par l’édition associative, ou super underground, par exemple, ne trouveront pas de bons conseils chez moi.

Bref, si vos ambitions sont autres, si vous ne voulez pas forcément être « un écrivain classique », si tout ce qui vous intéresse est d’obtenir un objet livre, imprimé, relié, le distribuer ou le vendre autour de vous (famille, amis), dans ce cas, pourquoi pas un éditeur pourri ?

Quoique encore, aux gens comme vous, je conseillerais plutôt l’auto-édition

En revanche, dans l’optique où effectivement vous écrivez de la littérature adulte, que vous souhaitez être édité dans un cadre normal, exister un tant soi peu dans l’édition française (ouais je sais je répète, mais c’est pour être sûr que vous ayez bien compris…), un éditeur qui répond aux critères de l’éditeur pourri n’est clairement pas la meilleure chose pour vous.

Pour vous fixer définitivement sur la qualité d’un éditeur, je dirais que les points fatidiques sont les suivants (cf. les onze tuyaux pour repérer un éditeur pourri) :

Un mauvais distributeur / diffuseur

Un tirage inférieur à 1000 exemplaires

Et encore une fois un mauvais distributeur / diffuseur

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Comme je l’ai déjà expliqué dans cet article, puis dans celui-ci, la distribution et la diffusion sont réellement le nerf de la guerre.

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Alors, que faire ?

Avec toutes ces infos en poche, la balle est dans votre camp.

C’est à vous de voir.

Vous êtes un certain nombre à m’écrire en me demandant de prendre une décision à votre place.

Je ne peux pas le faire. Ce n’est pas mon rôle, ni d’auteur, ni de blogueur.

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A ce stade, les seuls conseils que je puis vous donner, sont ceux-ci.

Il y a un tuyau parmi les onze que je donne dans le fameux « test du Pourrito » que vous avez tendance à négliger, alors qu’il s’agit peut-être du plus important : demander l’avis d’un libraire.

Je vous assure, il vous aidera certainement mieux que moi à prendre une décision. Mouillez-vous. Allez dans une librairie, racontez votre histoire, amenez le contrat pourquoi pas ? En général, quand on demande son avis à quelqu’un, la personne est flattée et vous avez de fortes chances pour qu’elle ne vous envoie pas balader. Faites-le. Demandez-lui ce qu’il pense du distributeur, de la structure, demandez-lui son avis sur tout !

Ne vous précipitez pas sur le premier contrat qu’on vous propose. Prenez le temps de réfléchir. Accordez-vous quelques semaines.

Faites un réel examen de vos motivations par rapport au roman que vous avez soumis, par rapport à vous-même. Que voulez-vous vous offrir ? Pourquoi écrivez-vous ?

Quoi qu’il en soit, je vous souhaite bon courage et bonne chance.

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Toi aussi, raconte ta life à Stoni

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Un éditeur numérique m’a démarché sur internet

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J’ai déjà donné mon avis sur l’édition « à comte d’éditeur numérique ». En gros : vous cédez les droits sur votre roman à un éditeur qui ne le diffusera pas en librairie, mais sur internet.

Lire mon article : mon opinion sur l’édition numérique.

Autant je ne suis pas contre l’auto-édition pour les auteurs qui décident de ne pas (ou ne plus) se tourner vers l’édition « traditionnelle », autant je condamne l’édition numérique car pour moi, c’est signer avec un éditeur tout pourri.

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Différence fondamentale entre auto-édition et édition numérique : l’auteur auto-édité garde tous ses droits sur son roman. Mais l’auteur édité « par un éditeur numérique » les cède à quelqu’un qui n’en fera aucun usage ! Pourquoi ? Mais parce que les éditeurs numériques n’ont aucune distribution en librairie, donc aucune existence.

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Lire mon article sur l’importance de la distribution – diffusion.

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Encore une fois, je vous conseille fortement de lire (ou de relire), si ce n’est déjà fait, l’article où j’explique plus précisément cette nuance entre auto-éditon et édition numérique, ainsi que l’article où j’explique pourquoi et comment il faut apprendre à repérer les éditeurs Pourris (qu’ils soient numériques ou papier).

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J’ai été dernièrement « démarché » via le formulaire de contact de mon blog par un éditeur numérique. Voilà comment ces gens débauchent des écrivains, par internet. Ils vous contactent via votre blog et vous, jeune auteur naïf et impressionnable, vous croyez qu’ils le font car ils ont lu et aimé votre blog.

Que nenni !

Ils bombardent tous les blogs de semblables messages, sans même avoir pris le temps de les lire, car ils ont besoin de victimes à se mettre sous la dent. Leur but : vous spolier de vos droits d’auteurs et bien vous arnaquer.

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Exemple, donc, avec cet éditeur qui me démarche avec des arguments qui prouvent qu’il n’a pas lu mon blog. Il est clairement écrit sur mon site que je suis déjà édité dans un cadre d’édition « classique », bien distribué et bien diffusé. Et ces gens-là viennent me vanter les mérites du numérique en partant du principe que je ne suis pas édité !

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En outre, vous pourrez mesurer la pure mauvaise foi de cet éditeur numérique, qui sans vergogne, ose m’assurer que j’ai tout à gagner à renoncer à mes à-valoirs pour bosser gratuitement avec lui !

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Voilà donc le premier mail que j’ai reçu :

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Bonjour stoni,

Je me permets de vous contacter afin de te proposer d’être publier d’une autre manière.

En charge du site http://www.FantasiaBook.com , je pense que notre concept pourrait vous intéresser.

En effet FantasiaBook vise à promouvoir et à commercialiser les 98% des publications qui ne voient jamais le jour par l’intermédiaire d’un réseau social connectant auteurs et lecteurs de façon plus directe et sans aucun coût pour l’auteur.

Comme vous avez le constater aujourd’hui, seul 1% ou 2% seulement des auteurs sont publiés auprès de « maisons d’éditions traditionnelles ».

Les auteurs ne perçoivent que 7% du prix de vente ( prix moyen de 10€ ) et n’impriment que 2000 exemplaires.

Soit 1 an pour se faire éditer et encore au moins 1 an pour vendre les 2000 exemplaire pour un gain total de 1400€.

Nous offrons ainsi une publication numérique GRATUITE, une visibilité via le réseau social mais aussi une campagne de promotion.

Les auteurs perçoivent 50% sur le prix de vente des livres numériques, soit 1,50€ sur le prix de 3€ pratiqué en 2013.

Nous nous engageons ensuite à éditer au format papier par la suite, les œuvres à succès du site.

De plus Grâce au réseau social, l’auteur est en contact direct avec ses lecteurs…

La promotion est virale grâce aux partage des livres sur les différents réseaux sociaux en un clique.

N’hésitez pas à me contacter si notre démarche vous intéresse ou pour toutes informations supplémentaires.

Cordialement.

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Je tiens à préciser que tout le discours tenu par ce soi-disant « éditeur » sur l’édition qu’il appelle « traditionnelle » est totalement faux.

J’ai décidé de lui répondre en jouant le jeu, histoire de bien vous démontrer à quel point ces éditeurs sont fourbes.

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Voici ma réponse :

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Chère Madame,

Je viens de lire votre message qui m’a intrigué.

Vous avez visiblement parcouru mon blog (stoni1983.over-blog.com) où il est indiqué que, en effet, je suis auteur de romans.

Or, comme cela est également indiqué sur mon site, je suis d’ores et déjà édité à compte d’éditeur. Mais je suis ouvert à d’autres propositions !

Vous avez l’air d’être orienté vers le confort de l’auteur : tant mieux !

Si je dois vous soumettre un manuscrit, je vous demanderai un à-valoir de 3 000 € minimum (je fixe ce montant en fonction de mes dernières avances et de mes ventes moyennes, mais je fais un geste puisque vous semblez être une “jeune structure”).

Par ailleurs, j’aimerais connaître votre distributeur et votre diffuseur en librairie. Car, vous le savez comme moi, le livre numérique n’en est qu’à ses balbutiements et je souhaite garder ma présence en librairie !

J’attends avec impatience une réponse de votre part.

Bien fraternellement,

Stoni 1983

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La nana ne se dégonfle pas et va carrément me faire avaler que j’ai tout à gagner de perdre mes à-valoirs au profit de sa structure tout pourrie : comme quoi ces gens sont prêts à tout !

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Bonjour Stoni truant,

Actuellement, nous ne payons pas les auteurs, nous offrons un service gratuit où vous touchez 50% du prix de vente. Le contrat que vous avez avec nous est très souple, aucune durée minimale ou exclusivité requise pour la cession des droits d’exploitation de l’œuvre numérique ! C’est une solution simple pour gagner de l’argent et avoir un réel lien avec les lecteurs, nous avons aujourd’hui plus de 20000 membres. En ce qui concerne la diffusion en format papier ceci se fait que si vous atteigniez les 200 exemplaires numériques vendus.

Cordialement,

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Incroyable, que culot !

J’en rajoute une couche…

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Bonjour,

Sachant que je peux toucher minimum une avance de 2000/3000 € dans l’édition “classique” à compte d’éditeur et que je dispose d’un bon lectorat en librairie, pensez-vous que je trouve un réel intérêt à votre offre ?

Je m’interroge !

Je crois que ce que vous proposez n’est pas si intéressant pour moi !

Je ne sais plus quoi penser.

Frat.

Stoni1983

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Réponse de la meuf :

Je comprends bien vos doutes, mais notre offre peut vous permettre d’étendre votre lectorat et de créer un véritable lien avec eux. De plus vous bénéficierez d’une source de revenue complémentaire, sans pour autant quitter le circuit de l’édition “classique”.Je ne sais pas si toutes vos œuvres sont publiées, vous en avez peut-être certaines qui vous tiennent à cœur et que vous voulez communiquer sans risques tout en bénéficiant de retours constructifs. C’est à vous de voir si vous voulez tenter l’aventure avec un nouveau vecteur de communication et !!!

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Je n’ai pas poursuivi plus loin ce petit jeu, les pièces à conviction suffisaient.

J’ai publié sur le blog cet échange de messages pour vous montrer que vous ne devez pas être sensible aux arguments de ces mauvais éditeurs qui ne feront rien de votre roman : ces types ont réponse à tout et vendraient des lunettes de soleil à un aveugle.

Quand vous tenez un blog et que vous êtes démarché, c’est presque toujours une initiative émanant d’un éditeur pourri, qu’il soit numérique ou papier.

Un éditeur sérieux ne vous démarchera jamais via un blog. Pour atteindre des éditeurs sérieux, vous devez leur transmettre vos manuscrits.

Donc prenez garde aux prétendues formules miracles à la con qu’on pourra vous vendre !

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Une question ?

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Du destin controversé des manuscrits chez Léo Scheer (m@n)

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Plusieurs lecteurs du blog m’ont alerté sur l’éditeur Léo Scheer et sa politique de traitement des manuscrits.

Je ne connais pas très bien cet éditeur, sa ligne littéraire ne m’a jamais touché et je peine à cerner leur « positionnement sur le marché » – si je puis m’exprimer en ces barbares termes économiques.

Voilà pourquoi je n’avais jamais été sur leur site.

Mais j’y ai été bien obligé.

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