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Dois-je rappeler les éditeurs à qui j’ai envoyé mon manuscrit et qui ne m’ont pas répondu ?

 

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Plusieurs lecteurs m’ont déjà posé cette fatidique question. En outre, je reçois régulièrement des témoignages où de jeunes auteurs pas-encore-édités me racontent qu’ils ont appelé tel éditeur : la teneur et les conséquences de ce genre d’appel téléphonique justifient à eux seuls un article.

Récapitulons ta situation, auteur pas-encore-édité.

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Tu as envoyé pas mal de manuscrits par la poste, obéissant en cela aux recommandations de ton ami Stoni.

Ce qui est très bien.

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Hélas, les réponses – positives ou négatives – tardent à venir. Tu commences à tourner tel un ours en cage.

Et puis, un beau jour, tu craques et appelles les maisons d’édition à qui tu as adressé ta magnifique œuvre littéraire.

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Pourquoi ?

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Tu espères que la maison d’édition te dira :

  • option a : qu’ils n’ont pas encore lu ton manus mais que ça viendra (ça te rassurerait)

  • option b : qu’ils ont lu ton manus mais que ça ne le fait pas pour telle ou telle raison (ça t’aiderait à le perfectionner)

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J’ose espérer que tu n’espères pas une quelconque option c du style : l’éditeur t’annonce qu’il est rudement content que tu l’appelles – ça tombe même super bien ! – vu qu’il a adoré ton roman et qu’il souhaite te publier à la prochaine rentrée littéraire.

Parce que ça, ça n’arrivera pas. Un éditeur qui veut t’éditer te rappellera lui-même, il n’attendra pas que tu le fasses…

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Bref, toi, auteur pas-encore-édité, tu saisis ton téléphone et composes le numéro d’une des (nombreuses) maisons d’édition à qui tu as soumis ta prose.

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Voilà comment tu conçois cet appel :

– Bonjour, je suis Kenny Dupont, je vous ai envoyé mon manuscrit Le Fantôme de la lande. Vous l’avez lu ?

– Oh mais oui mon bon petit monsieur !

– Qu’en pensez-vous ?

– Excellent, excellent ! Mais vous ne maîtrisez pas encore tout à fait votre style, en outre, le personnage du fantôme n’est peut-être pas assez construit, etc, etc, etc.

Bref, une critique littéraire constructive qui va t’aider à améliorer ton manuscrit.

Ce scénario idyllique ne se produira jamais.

Voilà ce qui va se dérouler en réalité.

Toi, auteur pas-encore-édité, tu saisis ton téléphone et composes le numéro d’une des (nombreuses) maisons d’édition à qui tu as soumis ta prose.

– Allô ? (voix ronchon du stagiaire non rémunéré du moment)

– Bonjour, je suis Kenny Dupont, je vous ai envoyé mon manuscrit Le Fantôme de la lande. Vous l’avez lu ?

– Qui ça ?

– Kenny Dupont…

– Comment il s’appelle, le manuscrit ?

– Le Fantôme de la lande.

– (gros bruit de pet avec la bouche) Connais po !

– Mais je vous l’ai envoyé il y a trois mois et je me demandais si…

– Attendez !

Cinq interminables minutes de silence, puis une autre voix.

– Ouais, qu’est-ce que vous voulez, vous ?

– Bonjour, je suis Kenny Dupont… je vous ai envoyé mon manuscrit Le Fantôme de la lande… Vous l’avez lu ?

– On vous a pas répondu ?

– Euh, eh bien, non…

– Alors ça veut dire qu’on l’a pas encore lu, ou bien qu’on en veut pas.

– Mais je voudrais justement savoir si c’est l’une ou l’autre de ces possibilités, je voudrais être fixé…

– Ecoutez, si on l’a pas encore lu, et que dans six mois vous avez toujours pas de nouvelles, ça veut dire qu’on en veut pas !

– Mais vous pouvez pas me dire si vous l’avez déjà lu ou pas ?

– On reçoit trop de manuscrits, je peux pas chercher là-dedans, moi ! Vous me dérangez, monsieur. Au revoir !

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Et là, le gars te raccroche au nez.

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Wouah, quelle conversation constructive et intelligente qui va probablement t’encourager dans tes démarches éditoriales et qui, surtout, ne va certainement pas t’humilier !

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Tu connais désormais ma réponse à la question initiale : je pense que ce genre d’appel ne sert strictement à rien, n’a aucun intérêt et ne pourra que concourir à te déprimer.

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Je ne sais pas pourquoi les auteurs-pas-encore-édités se sont mis dans la tête qu’un éditeur pouvait les conseiller sur leur travail, quand bien même il ne voudrait pas du bouquin.

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« Ils refusent mon livre mais ne me disent pas POURQUOI ! »

Combien de fois ai-je lu ou entendu cette complainte ?

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Or, ce n’est pas le rôle des éditeurs ! Un éditeur cherche une certaine matière première à publier. Il se fout du reste. C’est comme une entreprise ! D’ailleurs je rappelle qu’une maison d’édition est une entreprise dont le but est de faire des bénéfices, et non pas une association caritative. Nous vivons dans un putain de système capitaliste ! Si tu veux que ça change, milite pour la révolution prolétarienne. En attendant, ne te fais pas d’illusion sur notre réalité économique ! Si un fournisseur n’est pas en mesure de donner la matière première sollicitée par une entreprise, crois-tu que cette entreprise-là va passer dix ans à expliquer au fournisseur en quoi sa production ne lui convient pas ? Non ! Un éditeur, c’est pareil ! Tu n’as rien à lui proposer qui l’intéresse ? Il s’en fout et te jette dans la poubelle de l’histoire !

Quant à la critique littéraire que tu attendais (« pourquoi j’ai refusé votre manuscrit, mon cher monsieur ? oh mais je vais vous expliquer tout cela par le menu en dix points… »), un éditeur est dans l’incapacité totale de te la donner car il n’a pas lu ton manuscrit en entier.

I.

l n’en a lu que une ou deux lignes, voire, au grand maximum un paragraphe ou une page.

Comment voulez-vous qu’il vous critique en se basant sur deux lignes ?

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J’ai expliqué le processus de « traitement » des manuscrits dans l’article Le critère de sélection des manuscrits.

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Les mecs ouvrent votre manus au hasard, en lisent deux lignes et se font leur idée.

C’est avec ces deux lignes qu’ils vont juger si ton roman a éventuellement sa place ou non dans leur collection. POINT A LA LIGNE. FIN DU DEBAT.

Je vous invite à relire l’article Le critère de sélection des manuscrits… pour bien vous remettre dans la tête ce point primordial de l’édition – car je ne vais pas le recopier ici.

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Si tu ne comprends pas – ou refuses de comprendre – la logique de sélection éditoriale qui règne en France, tu vas très mal vivre tes démarches pour te faire publier, car tu te butteras immanquablement à un mur.

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Au cas où un éditeur aurait entièrement lu ton bouquin (ou une bonne partie), qu’il ne le trouverait pas trop mauvais, et qu’il aurait envie de te le dire, IL LE FERA DE LUI-MÊME. Il t’enverra un petit mot   disant « pas mal pas mal ! ». Voilà ! Ca aussi, je l’explique dans l’article Le critère de sélection

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Donc, je le répète s’il le fallait encore : n’appelle pas les éditeurs à qui tu as envoyé ton manuscrit.

A moins que tu ne sois maso, que tu aimes souffrir et être humilié, et que tu apprécies d’être remballé par un stagiaire sous-payé. Chacun son truc, hein.

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Toi aussi, raconte ta life à Stoni

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Du destin controversé des manuscrits chez Léo Scheer (m@n)

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Plusieurs lecteurs du blog m’ont alerté sur l’éditeur Léo Scheer et sa politique de traitement des manuscrits.

Je ne connais pas très bien cet éditeur, sa ligne littéraire ne m’a jamais touché et je peine à cerner leur « positionnement sur le marché » – si je puis m’exprimer en ces barbares termes économiques.

Voilà pourquoi je n’avais jamais été sur leur site.

Mais j’y ai été bien obligé.

. Continue reading

Pourquoi je ne vous donne pas d’adresses d’éditeurs

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Salut Stoni, connais-tu des éditeurs qui acceptent des romans décalés / déjantés / vulgaires / sérieux / drôles / tristes, etc… ?

Salut Stoni, connais-tu des éditeurs sérieux parce qu’avec tout ce que tu dis sur ton blog, je ne sais pas à qui envoyer mon manuscrit ?

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Combien de fois par semaine je reçois, sur Facebook ou par mail, ce genre de message ?

Voilà un article qui me permet de répondre à tout le monde une bonne fois pour toutes.

Comme je l’avais déjà précisé dans mon article sur les critères de sélection des manuscrits, je ne donne pas d’adresse d’éditeurs. Aucune. A personne.

Mais pourquoi ? t’écries-tu, au comble du désespoir, camarade lecteur. Mais pourquoi ?

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Mais parce que je ne veux pas lire vos manuscrits.

Vous ne vous rendez peut-être pas compte, mais je ne peux pas vous aiguiller vers telle ou telle maison à partir de simples adjectifs.

Mon manuscrit est drôle, est déjanté, est décalé, est trash, ceci, cela. Pour vous, ça veut tout dire. Pour moi, ça ne veut rien dire. Ce que vous entendez par « décalé », n’est certainement pas ce que j’entends moi.

Je ne sais pas ce que vous voulez dire par « trash » et pour être honnête je ne veux aucunement le savoir. Pour cerner ce que vous voulez dire par « trash » (ou « marginal » ou « classique »), je devrais lire vos manuscrits. Et ça, je ne peux pas le faire. Ce n’est pas mon métier.

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Alors, comment allez-vous vous débrouiller tout seul pour trouver des adresses ?

Sachez déjà que la plupart des gros éditeurs font tous les genres possibles. Essayez chez eux (après avoir vérifié sur internet qu’ils ont une collection SF au cas où vous faites de la SF, par exemple).

Pour les éditeurs « moins connus », allez en bibliothèque et / ou en librairie. Regardez ce qu’il y a dans les rayons. Notez les noms des éditeurs. Lisez des magazines littéraires à la bibliothèque, lisez des webzines littéraires sur internet, des blogs de lecteurs. Essayez de voir qui fait quoi. Ça demande un peu de temps, mais vous voulez être édité ou pas ?

Cherchez des romans qui ressembleraient un peu au vôtre en faisant des recherches sur Google. Vous estimez avoir écrit un roman « trash » ? Eh bien cherchez des romans « trash » sur Google.

Et puis regardez qui les a publiés.

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Quand vous aurez récupéré des noms, vérifiez (sur internet toujours) qu’il ne s’agit pas de Pourritos et que ces maisons sont bien distribuées et diffusées.

Comment ?

Tout est expliqué dans ces deux articles : comment repérer un éditeur pourri et une liste de bons distributeurs diffuseurs.

Ça ne sert à rien d’envoyer vos manuscrits à des éditeurs pourris. Quelques recherches sur internet vous épargneront de dépenser de l’argent en timbres pour rien.

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Voilà. Cela est faisable sans dépenser un centime. Comme pour tout, la recherche de noms d’éditeurs demande simplement du temps et de volonté.

Je suis sûr que vous en êtes tous capables.

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Une question ?

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A l’aide, un éditeur m’a rappelé ! (ou : premiers contacts avec l’édition)

Un éditeur au téléphone

Quand le mec te téléphone, c’est là où les emmerdes commencent.

Vous avez envoyé votre manuscrit bien mis en forme en trente-six exemplaires, inondant la France et la Navarre de votre prose.

Entre temps, vous avez bien compris comment sont sélectionnés les manuscrits dans ce monde magique qu’est l’édition.

Et, au bout d’un délai fort variable (une semaine à un an, voire plus…), un éditeur (ou un directeur de collection) vous appelle.

C’est là que les emmerdes vont commencer sérieusement, pour vous.Croyez-moi, vous vous êtes foutu dans une belle merde. Et vous allez morfler joliment dans les mois, les années, qui suivront.

Je vous explique tout, bien entendu. Retrouvons notre ami Oussamo Bonladon et ses pérégrinations en compagnie de son manuscrit Le Grand roman champêtre. Continue reading

Présentation, mise en forme du manuscrit et lettre d’accompagnement

Toi aussi, tu veux être édité. Et c’est possible. A condition d’avoir un manuscrit qui tient la route.

Commençons par le commencement : le manuscrit.

Au commencement était le verbe, et le verbe était Dieu.

Cette formule biblique s’applique au monde de l’édition : sachez que tous vos espoirs, toute votre capacité à être édité et à devenir un écrivain « rémunéré », sont contenus dans votre manuscrit.

Dans la fabuleuse cosmogonie politico-mondaine de l’édition, Dieu, c’est le manuscrit.

Votre petite personne n’a aucune importance là-dedans, comme vous allez très vite vous en rendre compte.

Avant d’envoyer votre manuscrit à des éditeurs… relisez-le plusieurs fois à voix haute. Cela permet d’entendre les mauvaises tournures, de repérer les fautes de frappe, les répétitions, les phrases trop longues et de revoir votre ponctuation.

Pleins de trucs pour améliorer son manuscrit : sur ce lien !

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