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Les pseudo contrats d’édition à compte d’éditeur (à la Harmattan)

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Camarade lecteur,
nous allons aujourd’hui aborder un point parmi les plus infâmes du monde de l’écrit : les faux éditeurs à compte d’éditeur mais en fait c’est plutôt du compte
d’auteur.

Eh oui. C’est fâcheux, mais ça est.

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J’ai mentionné le nom de l’éditeur le plus célèbre à pratiquer cette ignominie dans le titre de mon article et ne le répéterai pas (pour des raisons juridiques évidentes, car on ne peut plus s’exprimer dans ce pays c’est une honte).

Appelons donc cet éditeur : le Toto.

Un lecteur de ce blog m’a alarmé sur le Toto et sa nocivité potentielle auprès des auteurs aspirant à l’édition. J’ai ensuite pu me procurer, très facilement, le « contrat d’édition » que propose le Toto aux pauvres gens qu’il compte dévorer tout cru (un vrai Stoni en mode infiltré !!).

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Ami lecteur, comme tout bon écrivain non édité que tu es, tu cherches une maison pour faire imprimer ta prose.

Et comme souvent, tu envoies ton roman (ou tes poésies, ou ton essai) à un soi-disant éditeur à compte d’éditeur : le Toto.

Étonnamment, tu reçois très vite une réponse et elle est positive. Tu es super content !

Sauf que.

Sauf que voilà, c’est, une fois de plus, une super arnaque.

Bienvenue dans le monde terrifiant de l’édition à compte d’éditeur mais c’est pas non plus du compte d’éditeur, en fait c’est plutôt du compte d’auteur.

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Mettons les points sur les i, puisque nous sommes dans le domaine de l’écriture.

Chez le Toto, le fonctionnement est simple.

Le Toto ne te donne pas d’à-valoir.

Cela dit, le Toto ne te demande pas non plus du fric pour « financer les frais d’édition » de ton roman – donc ce ne serait pas de l’édition à compte d’auteur.

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Comme le Toto est finaud, il prétend « jouer un rôle important dans l’édition française » avec une place envieuse dans le classement des éditeurs par chiffre d’affaires (bon, il est pas dans le Top 50 non plus, mais toi tu te dis, c’est pas mal quand même). Le Toto possèderait des dizaines de milliers de titres dans son « catalogue ». Tu es tout
impressionné.

Le Toto s’enorgueillit également d’avoir édité les premières œuvres de maints auteurs ultra connus. Déjà, si le Toto n’a édité que « les premières œuvres » de ces dits auteurs ultra connus, ça devrait te mettre la puce à l’oreille, mais passons.

Le Toto possède même ses propres librairies, un truc de ouf.

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Alors toi tu te dis, putain, mais c’est le contrat du siècle !

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Mais quelle est la réalité, derrière ce mirage ?

La voici. Le Toto est surtout connu pour être l’éditeur des universitaires qui voudraient bien faire publier leurs travaux (mémoires, thèses, ouvrages divers et variés) mais qui ne peuvent pas passer par un éditeur professionnel. De ce fait, ces gens-là éditent chez le Toto.

Le problème, c’est que le Toto ne se limite pas « aux sciences humaines » (soit, le mémoire de Master I de Julien Dupont sur la métempsychose au IIIème siècle avant JC), mais qu’il souhaite aussi « faire de la littérature » (soit, cramer vos droits sur votre œuvre jusqu’à la fin de votre vie).

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Comme d’habitude, j’explique tout.

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Chez le
Toto, c’est toi qui te tapes tout le boulot !

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Problème n° 1 :
tu vas à la Fnac et y’a pas un seul livre du Toto en rayon. Bizarre…

Problème n° 2 :
le Toto t’envoie très vite un contrat d’édition (chose super étrange, mais tu ne le réalises pas encore). Le courrier d’accompagnement commence bien :

« Nous avons le plaisir de vous informer que le manuscrit que vous nous avez envoyé a été retenu pour la publication dans la collection : roman érotique. »

Ouh là là, t’es jouasse !

Le courrier poursuit :

« Nous vous invitons maintenant à nous fournir votre document sous la forme d’un prêt-à-clicher, c’est-à-dire une mise en page de votre ouvrage selon les normes
fournies ci-contre. 
»

Diantre, mais de quoi s’agit-il donc ? Comme tu n’y connais rien au monde de l’édition, tu crois que c’est normal.

Alors tu découvres quatre pages intitulées « CONSEILS PRATIQUES AUX AUTEURS POUR L’ELABORATION D’UN PRET-A-CLICHER ».

En gros, les mecs te demandent de faire toi-même la correction, la mise en page, bref, tout le travail éditorial que doit normalement faire un éditeur.

Tout est prévu.
Le format de la page au millimètre près, la pagination, les pages de garde, la mise en forme du texte (avec la police, les règles de ponctuation), les notes, la couverture, la quatrième de
couverture, etc.

Mais toi, camarade auteur, tu n’es ni correcteur ni préparateur éditorial. La correction et la prépa, c’est un véritable métier qui ne s’apprend pas comme ça.

Dans un cadre normal d’édition, c’est à l’éditeur de faire accomplir ce boulot par des spécialistes.

Et là, tu dois le faire tout seul.

Le bouquet, c’est que le Toto te propose bien de le faire lui-même mais monnayant rémunération !

« Un test orthographique et typographique (sur une dizaine de pages) est effectué par nos soins sur chaque prêt-à-clicher. Lorsqu’une relecture complète du document est jugée nécessaire, celle-ci est à la charge de l’auteur (une possibilité de relecture par le Toto est possible sur devis). »

Sur devis ?
Putain les gars c’est des garagistes ma parole !

Le pire reste encore à venir.

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Chez le
Toto, tu dois acheter 50 exemplaires de ton livre !

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Fête du slip !

Chez un éditeur sérieux, professionnel et normal, on te donne gracieusement 50 livres, t’as rien à payer, c’est ce qu’on appelle les « exemplaires d’auteur ».

Mais chez le Toto, on se distingue !

Le truc est annoncé dès le courrier d’accompagnement (standardisé, bien sûr) glissé dans l’enveloppe du contrat d’édition :

« Dans des domaines particulièrement difficiles, comme notamment les secteurs littérature, poésie et théâtre, il vous sera parfois demandé de prendre en charge l’achat de 50 exemplaires de votre ouvrage avec une remise de 30 %. »

Note la remise de 30 %, quand je te disais que c’étaient de vrais garagistes ces types-là.

En page 4 du « contrat » (qui justement fait quatre pages au total, tu parles d’un contrat – un vrai contrat d’édition en fait au moins dix !), il est bel et bien stipulé :

« Achat de 50 exemplaires (-30 %) à régler en cours de fabrication. »

Sachant que le tirage initial est « 100/200 ou 300 exemplaires » (autant dire que dalle – voir mon article sur le tirage), ça va, avec cinquante ventes d’assurées par
l’auteur lui-même, le Toto ne prend pas trop de risques financiers !

Le Toto, ou comment te faire enculer en toute maestria par des prétendus éditeurs qui ne font rien d’autre, en réalité, que du compte d’auteur.

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A ce stade, camarade lecteur, retiens une bonne fois pour toutes :

UN VRAI CONTRAT D’EDITION A COMPTE D’EDITEUR N’IMPLIQUE AUCUN INVESTISSEMENT FINANCIER DE LA PART DE L’AUTEUR, QUE CE SOIT EN ARGENT
OU EN COMMANDE DE LIVRES !

Quand un auteur traite avec un vrai éditeur, c’est l’éditeur qui lui donne du fric (à-valoir) ! Et personne d’autre !

Un éditeur qui ne vous rémunère pas n’est pas un éditeur !

C’est clair ?

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Voir mon article sur un vrai contrat d’édition professionnel !

 

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Chez le Toto, t’as autant de distribution

que du compte d’auteur (c’est-à-dire aucune).

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Eh oui, le Toto se distribue lui-même, donc autant te le dire, ton roman sera (peut-être) en rayon dans les trois librairies revendiquées par le Toto à Paris, et nulle par
ailleurs : bon, en gros, ton livre sera introuvable, quoi.

Voir mon article sur l’importance de la
distribution.

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Un coup de gueule personnel de Stoni !!

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Je vais te dire un truc, camarade lecteur, les clampins du genre le Toto ou tous les éditeurs à compte d’auteur, ça me fout hors de moi.

Ces gens profitent manifestement des auteurs aspirant à l’édition et qui n’y connaissent en rien, en leur soutirant leur argent, mais cela, ce n’est pas encore le plus grave.

Ces prétendus « éditeurs », qui croient péter avec la clique germanopratine, alors qu’ils ne connaissent, eux non plus, ni rien ni personne dans le vrai milieu, te
crament ta propriété intellectuelle sur ton roman, si d’aventure tu commets l’erreur insigne de signer leurs contrats tout pourris.

Quand tu signes un contrat chez le Toto, tu cèdes (pour 0 € !!! un comble !) la propriété intellectuelle de ton œuvre.

Décodage : tu n’auras plus jamais le droit d’exploiter et de faire éditer ailleurs ton roman. Et même après ta mort, tes « ayant-droits » devront attendre 70 ans et des patates pour récupérer leurs droits.

Et ça, c’est pas rien.

Tu n’es plus propriétaire de ton texte, c’est le Toto et ses trois librairies à 2 francs dans le Quartier Latin qui l’est !

La propriété intellectuelle, c’est comme son propre corps : on ne la vend pas à n’importe qui (c’est beau ce que je dis putain).

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Par conséquent, camarade lecteur, un bon conseil :

NE SIGNE PAS CHEZ LE TOTO (ou consorts).

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L’édition numérique et l’auto-édition : solution ou arnaque ?

 

 écrivain chimpanzé

 

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Il y a peu, un lecteur m’adressait ce message.

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Cher et vénérable Stoni,

 

Je cherche depuis quelques temps à faire éditer un manuscrit, sans grand succès comme tu t’en doutes.
J’ai découvert des maisons d’édition numérique, qui proposent même, parfois, de vrais contrats à compte d’éditeur. Crois-tu que ce soit l’avenir de l’édition ? Est-ce une bonne
solution ?

 

Je tiens à préciser que je te trouve extrêmement intelligent et ton blog est le plus beau de la
terre.

 

Bien à toi,

 

Un secret admirateur

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Ha, l’édition numérique ! Un vaste sujet… qui m’inspire un court jugement
péremptoire.

 

 

Disons, pour commencer, qu’il y a deux sortes d’édition numérique. L’édition numérique à
compte d’éditeur (« à la demande ») et l’édition numérique en auto-édition. Il existe probablement des éditeurs numériques à compte d’auteur, mais cher lecteur tu as désormais compris
que l’édition à compte d’auteur devrait être interdite par la loi, et on en parle plus.

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L’édition numérique à « compte d’éditeur ».

 

L’éditeur a ouvert une structure d’édition sur le ouaib, parce que le ouaib c’est le futur
et que bientôt, pense-t-il, il n’y aura plus de livres papier mais des livres numériques que tout le monde lira sur écran ou sur des tablettes dévouées à cet effet.

L’éditeur numérique te propose vraisemblablement une édition à compte d’éditeur, ce qui
signifie : que tu n’as aucun frais à engager et qu’il est censé
te payer puisqu’il acquiert les droits de
ton texte. Ce qui signifie aussi que tu as cédé les droits sur ton texte et que celui-ci ne t’appartient plus. Comme un éditeur à compte d’éditeur classique sur papier, quoi.

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Il existe néanmoins de grosses différences.

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D’une, je ne suis pas convaincu par le livre numérique. La lecture sur écran d’ordinateur
reste, pour le commun des mortels, harassante. Les tablettes sont loin d’être totalement démocratisées. Quant à lire un bouquin sur son téléphone intelligent (type i-phone)… Dans un futur
beaucoup plus lointain, oui, c’est possible, le livre numérique sera la norme. Mais pour l’instant, ça ne l’est pas, et être édité sur internet revient, à mes yeux, à purement et simplement se ghettoïser à fond du ballon.

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Un éditeur numérique distribue des livres dématérialisés. Parfois, il propose de les
imprimer aux clients qui souhaitent un format papier. Dans ce cas-là, il n’empêche qu’il demeure un souci primordial : le livre n’est pas présent en librairie. Et là, l’auteur est tout de même un peu beaucoup lésé.

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Je ne sais pas si tu as compris, camarade auteur, mais c’est la présence en librairie qui fait l’écrivain, en France et en 2012. Si tu es visionnaire et que tu veux anticiper les méthodes du futur, va te faire éditer dans le monde virtuel, c’est comme tu veux. Mais moi, je suis le genre de mec qui vit dans l’instant présent. Tu veux être un écrivain qui part avec le maximum de chances d’exister
un tant soi peu dans l’univers de l’édition ? Fais-toi éditer par un éditeur bien représenté en librairie. C’est-à-dire un éditeur
bien diffusé. Y’a pas de mystère. Y’a pas
de secret. C’est ainsi.

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Un éditeur numérique ne bénéficie d’aucun circuit de distribution. Son truc,
justement, c’est qu’il ne distribue pas en librairie. Mais sur internet. Ton livre sera donc une URL parmi des centaines de milliards d’URL.

Certes, en librairie, ton livre sera un titre parmi les 700 de la rentrée littéraire. Fais
tout de même tes comptes : 700 contre 700 milliards, choisis ton camp, camarade.

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Tu auras saisi que je suis extrêmement sceptique vis-à-vis de l’édition numérique et je te déconseille vivement de signer avec l’une de ces boîtes. Les maisons d’édition numérique n’ont aucun avenir et aucune importance dans le monde de l’édition. D’ailleurs, je pense que ce genre de structures sont créées par des mecs qui se piquent d’une lubie « je veux être éditeur moi aussi », mais qui n’ont pas l’apport financier, ni l’apport professionnel, pour fonder une entité viable et sérieuse. Tu vois un peu le
tableau.

Le chiffre d’affaires d’une maison d’édition numérique doit plafonner autour de 10 à 100 € par mois, aussi je te laisse présager le montant de l’à-valoir qu’on te proposera, si
toutefois on t’en propose un…

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Or, les maisons d’édition numérique savent tromper leur cible : les jeunes auteurs
inexpérimentés et influençables. Sur leur site ouaib, ces éditeurs mettent souvent en avant des textes signés par des écrivains assez célèbres. L’auteur inexpérimenté est impressionné :
tiens, s’ils publient ce gars-là, c’est que ça n’est pas trop mal !

Hélas, j’ai vu ce processus depuis l’intérieur. Les éditeurs numériques approchent des
écrivains un peu réputés et leur tiennent un discours pseudo militant à deux euros cinquante : « donnez-moi un texte pour que je le publie, vous aiderez les circuits indépendants et
vous passerez pour un mec vachement sympa 
». Les écrivains sont des êtres sensibles à la flatterie. Ils aiment passer pour des mecs vachement sympas. Donc ils lâchent gratos une
nouvelle, un récit court, une connerie, à l’éditeur numérique qui en fait ses choux gras. Les textes d’auteurs réputés publiés de la sorte sont : soit des trucs impubliables chez leurs
éditeurs classiques, soit des trucs pourris que tout le monde leur a refusés. Sans déconner. Ne te laisse pas impressionner par ces viles manœuvres.

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Autre constante des éditeurs numériques : leurs couvertures « virtuelles »
sont soignées, ce qui concourt également à influencer l’auteur inexpérimenté. Les livres sont jolis, ça a l’air sérieux… Oui, les livres sont toujours jolis quand on exploite un
stagiaire graphiste non rémunéré. Ne te base pas sur ce critère-là…

 

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Lire cet article du blogueur Ludovic Mir pour connaître un autre avis
éclairé.

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Finalement, l’édition numérique fait assez penser à l’édition à compte d’éditeur sans
distribution ni débouché : voir
l’article sur l’Harmattan et celui sur les éditeurs
pourris
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L’édition numérique en auto-édition.

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En gros, tu confies ton texte à un éditeur numérique qui s’occupe de fabriquer ton
bouquin en format numérique ou papier, lorsque des lecteurs en passent la commande. Mais tu conserves tes droits sur ton œuvre.

 

Là aussi, l’auto-édition ne bénéficie d’aucun réseau de distribution. En choisissant cette
formule, tu as certes la possibilité de vendre ton bouquin autour de toi, mais tu ne seras pas présent en librairie ni nulle part – sauf si tu es allé toi-même démarcher une
librairie.

C’est un choix que font nombre de jeunes auteurs aujourd’hui. Si tu te sens l’âme d’un
commercial…

Je serai honnête. Se faire connaître de la sorte me semble presque
impossible.
Ensuite, cela dépend de tes motivations d’auteur. Si tu cherches à proposer un joli bouquin à ton entourage, bien relié, bien fait, et que tes ambitions s’arrêtent là,
pourquoi pas.

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Faire sa propre publicité et sa propre diffusion est une sacrée affaire. Dans un cadre
éditorial classique, ces deux domaines sont d’ailleurs gérés par des personnes dont c’est le métier.

Sache que même un attaché de presse qui bosse pour Gallimard aura du mal à faire connaître
un primo-romancier dépucelé chez la Blanche. Alors imagine un peu le boulot.

A toi de voir…

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Tu trouveras un autre discours sur l’auto-édition et beaucoup plus d’informations à ce sujet toujours chez le blogueur Ludovic Mir.

 

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Une question ?
Envie de partager ? (ton argent, ton corps… non je
déconne)

Retrouve Stoni sur Facebook

 

 

 

Mon avis (négatif) sur le “coach littéraire”

coach

J’ai déjà abordé ici et là la question des relectures, des corrections et tout le tintouin sur les manuscrits. Je n’avais jamais pris le temps de préciser ce que je pensais spécifiquement des gens qui se font payer pour vous “aider à écrire mieux”. Les messages que j’ai échangés avec une lectrice vous donneront un bon aperçu de mon opinion à ce sujet.

Je reçus donc un jour le message suivant :

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Cher Stoni,

Tout d’abord merci pour ton blog, c’est très agréable de te lire et on se sent moins seul en partageant le constat qu’être écrivain ce n’est pas rose tous les jours.

Après avoir été éditée, je pense à devenir coach littéraire. Il s’agirait d’aider ceux qui le souhaitent à améliorer leur manuscrit en respectant leur texte et en leur apportant, contre une rémunération raisonnable, ce regard extérieur qu’ils recherchent pour progresser.

J’aimerais savoir ce que tu en penses.

Une fidèle lectrice.

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Voici ma réponse :

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Chère fidèle lectrice,

J’ai écrit un article qui, je pense, répondra à ta question.

http://stoni1983.over-blog.com/article-les-sites-web-participatifs-de-correction-et-relecture-de-manuscrits-116328890.html

Je suis absolument contre le fait d’exiger une rémunération pour ce genre de travail. Il y a déjà beaucoup de profiteurs qui font payer les aspirants auteurs.

C’est mon avis et vous en faites ce que vous voulez…

Je ne vois pas en quoi un “coach” peut aider n’importe qui à se faire éditer.

Ce genre d’activité n’a aucun sens, sauf si elle est bénévole.

Un peu comme si je faisais payer les articles sur mon blog…

Bien fraternellement

Stoni 1983

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Cher Stoni,

Merci pour la rapidité de ta réponse. J’ai lu avec attention le lien que tu m’as envoyé.

Si je me lançais dans cette activité, je ne ferais jamais miroiter à quelqu’un la promesse d’être édité, ce n’est pas, comme tu le sais, en mon pouvoir. Par contre après avoir écrit plusieurs romans qui ont été publiés et ont trouvé leur public, je crois être en mesure d’aider un auteur à pointer ce qui ne va pas dans son texte, les incohérences, les tics d’écriture sans éprouver l’envie de le dénaturer.

Une amie m’a demandé mon aide afin de finaliser un roman moins pour le voir publier que pour réaliser son rêve. J’ai aimé le faire gracieusement mais cela m’a pris une vingtaine d’heures.

Si je produis un travail de qualité pour un auteur qui lui permette d’améliorer notablement son texte pourquoi ne pourrais-je pas lui demander une rétribution sans passer pour une arnaqueuse ? Pourquoi cette peine-là ne mériterait-elle pas salaire ? Qu’il tente ensuite ou pas l’aventure de l’édition n’est pas de mon ressort, mais s’il le fait il aura certainement augmenté les chances de survie de son manuscrit.

Le but ne serait pas de donner à l’auteur qui m’a confié son roman mon “avis” mais de le pousser à aller au bout de lui-même. Tu dois sans doute être un grand perfectionniste, ce qui te permet de travailler jusqu’à atteindre cet idéal, mais je crois que c’est très dur pour la plupart des gens, moi compris. Certaines personnes ont besoin d’un accompagnement, d’un retour sur leur travail, tu as dû t’en rendre compte au nombre de demandes d’avis que tu reçois.

C’est vrai, il existe des sites bénévoles, je suis d’ailleurs allée y faire un tour et, franchement, je n’aimerais pas passer sous leurs fourches caudines d’autant que je ne les trouve pas très pertinents.

Tu sais, tu aurais pu, comme d’autres écrivains, écrire un livre de conseils du style de celui de Stephen King au lieu de le faire sur ton blog. Tu as la générosité de livrer ton expérience gratuitement, cela t’honore, mais pour autant Stephen King a été un précieux coach pour beaucoup d’auteurs en herbe.

Je pense que cette activité de conseiller peut être un véritable plus pour certains si elle est faite honnêtement et vendue pour ce qu’elle est. Je n’y vois dans ce cas pas d’arnaque.

Bon, ai-je un peu fait évoluer ton opinion sur le sujet ?

Amicalement.

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Chère fidèle lectrice,

Il y a quand même un gros problème dans ton projet.

Tu n’es pas éditrice, tu es auteure (ou alors je n’ai rien compris). Tu n’es pas non plus correctrice d’édition. Quelle légitimité as-tu pour “corriger” le manuscrit des autres moyennant rétribution ? En quoi es-tu capable de pousser les auteurs à aller “au bout d’eux-mêmes” ?

Ecoute, c’est histoires de coaching, je trouve ça si symptomatique de notre époque. Maintenant, il y a des “coach” pour tout (j’écris “coach” entre parenthèses car je ne supporte pas ces mots anglais issus du monde de l’entreprise, qui ne veulent rien dire, qui ne disent rien, et qui n’auront jamais rien à dire). Un “coach” pour t’habiller, pour faire du sport, pour écrire, je ne sais quoi encore. Appliquer au domaine de l’écriture, c’est tout simplement ridicule. Et sinistre. Avant, au sein d’une même branche d’activité, on s’entraidait. Ca s’appellait le syndicalisme, ou le monde associatif. Notre premier réflexe n’était pas de se demander comment tirer quelques euros des poches de nos confrères, ou de nos aspirants confrères. On s’organisait. On partageait.

Récemment sur le blog, un lecteur a posté un commentaire qui m’a fait réfléchir. “ On se rend compte que la plupart des gens voient une maison d’édition comme un professeur. Avec une note, des appréciations, et tout. Pour dire si c’est bien, ce qu’il manque. Je crois que Stoni le dit suffisamment dans tout son blog : un éditeur n’est pas un professeur, il ne sait pas ce qui est bien ou pas, il en fait qu’à sa tête : il n’est pas là pour vous donner des conseils mais pour évaluer votre potentiel artistico-commercial.

Il a raison. Ces histoires de sites de correction, de sites d’évaluation, ou pire encore de “coach”, reflètent exactement ce besoin puéril qu’ont les auteurs d’être notés. La littérature, ça ne se note pas. Voilà pourquoi, entre autres, je n’aime pas ces concours de nouvelles qui pullulent ici et là.

Tu écris que “je – moi Stoni – dois être d’un grand perfectionnisme, que je n’ai pas besoin qu’on me relise, mais que d’autres ont besoin d’être poussés”. D’une, c’est faux, je n’ai jamais écrit que je n’avais pas besoin de relecteurs, au contraire (cf. mon article sur les relectures ). De deux, eh bien, j’ai envie de te dire que si un auteur n’a pas la motivation suffisante pour travailler son propre texte, c’est qu’il ferait peut-être mieux de conserver l’écriture comme un hobby et ne de pas songer à la publication. Que les gens se bougent le cul et bossent un peu, bordel ! C’est incroyable comme il faut vous prendre par la main, parfois !

Je ne connais pas la méthode de Stephen King, ce genre de chose ne m’intéresse pas. J’ai déjà écrit un article sur ces méthodes.

Cela dit, reconnais au moins à ces auteurs le mérite de ne faire payer que 20 € (le prix moyen d’un livre) pour leurs conseils : je doute que tu factureras cette somme pour la lecture complète d’un manuscrit.

Voilà mon opinion, après, si tu veux donc vous lancer dans des entreprises de “coaching”, que veux-tu que je te dise. Fais donc.

Mais je ne conseillerais à personne de gâcher son argent de la sorte.

Fraternellement

Stoni1983

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Toi aussi, donne ton avis

sur mon Facebook

Le profil de l’éditeur pourri, comment l’éviter : un dossier complet

Nombreux sont les auteurs en quête d’éditeur qui me contactent pour me raconter leurs soucis et glaner un petit conseil par-ci par-là. Ils ont alors obtenu une réponse « positive » d’un éditeur et souhaitent avoir mon avis. Une cruelle majorité est, hélas, tombée sur un éditeur pourri. Statistiquement, tu as beaucoup plus de « chances » de tomber sur un éditeur pourri que sur un éditeur qui tient la route, car en ce bas monde il y a beaucoup plus de pourris que de corrects. D’où ce dossier.

L’effet que ça te fait quand tu découvres la réalité sur les éditeurs pourris.

Pourri est à comprendre dans les deux sens du terme. Certains éditeurs pourris sont des pourris car ils sont malhonnêtes. D’autres sont qualifiés de pourris car ils s’avèrent tout simplement incompétents. Dans les deux cas, le fruit est avarié et il ne faut point le manger.

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L’à-valoir et la rémunération en droits d’auteur (ou : combien gagne un écrivain?)

***

Ouais, moi aussi, la première fois que j’ai su combien ça gagnait un auteur, j’ai assez mal réagi.

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En premier lieu, je dirais que le fric et la situation d’auteur, en général, ça fait deux.

Pourquoi tant d’injustice, crieras-tu, ami lecteur ?

Eh bien, c’est comme ça.

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Souvent, les gens s’imaginent des trucs sur la condition d’écrivain. Que, genre, on acquiert un certain prestige social et qu’on touche du pognon, bref, que c’est un vrai métier et tout.

En vrai, c’est pas tout à fait la vérité. Ça l’est même pas du tout.

 *** Continue reading

Au secours, je vais signer un contrat d’édition ! (ou : t’es grave dans la merde)

L'éditeur généreux

Quand il te propose un contrat, l’éditeur n’a qu’une préoccupation : ton salaire de bon petit écrivain laborieux.

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Suite des articles :

 L’aventure de ton manuscrit dans une maison d’édition

  A l’aide, un éditeur m’a rappelé ! (ou : c’est là où les emmerdes ont commencé)

 ***

Retrouvons notre ami Oussamo Bonladon, auteur du manuscrit Le Grand roman champêtre.

Dans la quiétude de son bunker, Oussamo reçoit un appel sur son téléphone portable. Nous savons qu’il a inondé la France de son manuscrit, visant une foultitude de maisons d’édition.

Oussamo empoigne son téléphone. L’indicatif du numéro entrant sur l’écran est celui de Paris.

Que diable ! Continue reading